RENATO JONES SAISON 1& 2
Renato Jones The One% / Season 2 - Etats-Unis - 2016/2017
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Dessinateur : Kaare Andrews
Scenariste : Kaare Andrews
Nombre de pages : 352 pages
Distributeur : Akileos
Date de sortie : 29 août 2018
Bande dessinnée : note
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portoflio
LE PITCH
Les Un % possèdent plus de la moitié de la richesse mondiale. Ils ont écrasé les économies, ont acheté des gouvernements et ont accumulé plus de pouvoir que tout autre groupe de l’histoire. Et ils n’en ont toujours pas assez. Avec ce genre de pouvoir, comment peut-on imaginer les faire payer ? Et QUI les fera payer ? Permettez-nous de vous présenter Renato Jones, un mystérieux justicier venu remettre les compteurs à zéro. Et avec son entrée en jeu, LES SUPER RICHES L’ONT SUPER ...
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choke on thi$

Les super-héros ont beau faire les fiers, sauver le monde des menaces spatiales, coffrer les super-vilains et stopper les plans diaboliques de savants (forcément) fous, ils oublient l'essentiel : nous débarrasser de ces monstres destructeurs que sont les fameux Un% qui se partagent plus de la moitié des richesses mondiales et écrasent le peuple sous leur botte. Heureusement Renato Jones est en mission.

Remarqué au préalable pour son passage formaliste sur Iron Fist, Kaare Andrews est clairement passé à la vitesse supérieure avec sa création toute personnelle et toute rageuse : Renato Jones. Un récit complet en deux volumes, édité chez nous par Akileos, et qui fut entamée en 2016 chez Images Comics sous la forme outrée et excessive d'un pamphlet sauvage, d'un défouloir violent et méchant, par un auteur manifestement préoccupé par les dérives libéralistes et les leçons oubliées de la dernière crise économique. Pas forcément un adepte des analyses subtiles comme le prouvre son film Cabin Fever Patient Zero (pas franchement un chef d'œuvre d'ailleurs), l'auteur imagine ainsi un Robin des bois nouvelle formule, un Punisher qui oserait aller à la source du mal, un Batman qui n'aurait pas peur de mitrailler à tout va, soit un assassin au masque de golden boy parfait, qui élimine les hommes (et les femmes) les plus riches de la planète pour sauver les pauvres. Réjouissant pour tout lecteur vivant encore en connexion avec le monde qui l'entoure, cette gigantesque farce foutraque et sauvage, dresse le portrait d'une caste se décrivant comme « une autre race » pratiquant l'esclavage sous toute ses formes, avilissant leurs prochains, se vautrant dans les pires débauches, jusqu'au snuff et la pédophilie. Charmant !

 

social knight strikes again


Sauf qu'entre temps, comme l'évoque l'auteur dans la postface de second volume, l'actualité l'a rattrapé en cours de route, et ce terrifiant nabab, de ressembler de manière des plus inquiétantes au grand gagnant des dernières élections présidentielles US... Jusque dans ses accointances russes, son contrôle évident par des mouvements d'extrême droite et des sectes les plus improbables et flippantes (dont une valorisant la pédophilie.... Tiens donc). Plus timbré encore que Renato Jones : le monde ! D'où une accélération survoltée qui s'empare de la seconde moitié de la série, entrainant l'assassin dans un vertigineux coup d'état mondial bariolé de superbes ogives nucléaires. De quoi souligner une fois encore les proximités naturelles entre l'art de Kaare Andrew et celui de Frank Miller (les clins d'œil abondent d'ailleurs), avec certe de notables distances politiques. Il prédomine ainsi dans ces planches les formes et les mouvements plutôt que la ressemblance ou un réalisme posé, les mélanges des tracés anguleux et épais, d'aplats de blancs et de cases déstructurées, jusqu'à parfois confondre la lisibilité générale dans une énergie frénétique, électrique. Quelques petites sorties de route qui n'entachent jamais ni la pertinence ni l'importance d'un tel comic, arrachant les roubignoles du politiquement correct avec les dents, faisant de l'analyse sociétales avec la délicatesse d'un monstre japonais radioactif. Autant de mauvaise foi que de talent pour une minisérie achevée dans le sang, les tripes et les déchets du CAC40. Ca fait du bien par où ça passe.

Nathanaël Bouton-Drouard


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