TANK GIRL : THE ODYSSEY
Angleterre / Etats-Unis - 1995
Image de « Tank Girl : The Odyssey »
Dessinateur : Jamie Hewlett
Scenariste : Peter Milligan
Nombre de pages : 144 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 28 octobre 2010
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Tank Girl : The Odyssey »
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site officiel
LE PITCH
Booga, le kangourou, est courtisé par un agent véreux d’Hollywood. A la clé, un contrat pour quatre films et en l’absence de Tank Girl et pourtant le voilà prêt à signer ! Heureusement, Télé, leur fils, prend les choses en main et rappelle Tank Girl, déclenchant tout une série d’événements qui verront notre héroïne faire face à la mort en personne !
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Un canon sur les rives du destin

Après trois premiers tomes réédités et un artbook classieux, les éditions Ankama poursuivent leur anthologie dédiée à la série culte des années 90 avec, pour la première fois en France, un recueil des quatre fascicules de The Odyssey.

 

La version cinéma de Tank Girl aura fait beaucoup de mal à la création underground de Hewlett et Martin, entamant une chute en flèche des ventes et une distance progressive entre ses parents et la demoiselle. Mais il y aura au moins eu un point positif à cette purge artistique (vive Rachel Talalay...) : la création de la première minisérie de Tank Girl : The Odyssey. Car pour Alan Martin, quitte à se faire voler son personnage par n'importe qui, autant choisir celui qui se chargera de la version papier. Et le choix se porte sur un certain Peter Milligan (X-Statix, Human Target), copain de chambré sur 2000 A.D. ou Strange Days et surtout ancien collaborateur de Jamie Hewlett sur Hewligan's Haircut. Partageant manifestement un même esprit british totalement déjanté, le nouveau scénariste cajole l'ambition d'offrir à l'australienne sa première grande fresque, et va donc piocher allègrement du côté de L'odyssée d'Homère et sa relecture moderniste par James Joyce. Les références plus ou moins poussées, plus ou moins improbables (Télémaque devient... un robot avec une tête de télé) se révèlent souvent très curieuses et alambiquées mais n'entachent en rien le ton rock'n roll, sexy, trash et délirant de Tank Girl, augmentant exponentiellement son aura et son charme... euh... autre.

 

Ulysse du dimanche

 

La voici donc lancée dans une aventure rocambolesque où sa défunte mère revancharde l'empêche d'aller sauver son amant-kangourou courtisé par des producteurs truands (aucune allusion aux mésaventure de la demoiselle dans le véritable Hollywood bien entendu), la faisant tomber de Charybde en Scyla d'une île habitée par des mafieux se travestissant en vaches à une secte de cyclopes arrachant les yeux des touristes, en passant par des riches investisseurs cannibales. Sous la plume de Milligan, la série ne perd rien de son irrévérence et de ses délires les plus bordéliques, et continue de secouer le cocotier d'une industrie souvent trop timorée. Un véritable régal, souvent hilarant, qui permet à Jamie Hewlett d'afficher un trait plus mature qu'à ses débuts, faisant approcher ses dessins des futurs designs du groupe Gorillaz. Fourmillant de détails, de compositions fouillées et d'extravagances visuelles, les planches de The Odyssey sont sans aucun doute parmi les plus belles de la carrière de la donzelle... et qui plus est pour la première fois intégralement en couleurs. Une plastique irréprochable pour un album phare, dont les quelques couvertures signées Brian Bolland font office d'obus sur le gâteau.

Nathanaël Bouton-Drouard






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