DEI T1 : IN VITOS VERITAS
France - 2010
Image de « Dei T1 : In Vitos Veritas »
Dessinateur : Emanuele Tenderini
Scenariste : Alex Crippa
Nombre de pages : 128 pages
Distributeur : Ankama Editions
Date de sortie : 10 novembre 2010
Bande dessinnée : note
Jaquette de « Dei T1 : In Vitos Veritas »
portoflio
site officiel
LE PITCH
En 4010 post Zeus, Zeus domine la Terre du haut de l’Olympe depuis des siècles. Il maintient son hégémonie en envoyant Mars, Vénus et Bacchus éliminer les religions montantes qui pourraient lui enlever des fidèles. Car comme pour la télévision, la puissance d’un dieu dépend de son audience ! Plus il perd de fidèles, plus la religion décline. Par ailleurs, le trio d’exécuteurs de basses œuvres ne risque-t-il pas de devenir plus populaire que son maître ?
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Go the distance

Le monothéisme a beau avoir pris toute la place dans la foi des hommes, pas sûr que les mythiques dieux de la Grèce antique en restent là. Et si dans l'avenir, ces derniers contrôlaient le monde... et les médias ?

Profitant de la jolie finition des albums Ankama, le premier volume de Dei (annoncé en trois tomes) présente, via une couverture colorée et dynamique à grands renforts de déformations pulp, les versions modernes de trois dieux : Bacchus, rondouillard comme une outre de vin, Mars, massif comme un héros de comics et une Venus aux seins gigantesques comme une actrice de porno. Le ton est immédiatement donné en somme, et tout à l'intérieur est axé sur le même créneau. Visuellement, Emanuele Tenderini (Œil de jade) explose les pages et les cadres avec des angles improbables, des mouvements hypertrophiés et des couleurs vives crachant dans tous les recoins de la mise en page. Construites comme des cartoons acidulés pour adultes, ses illustration réjouissantes et délirantes fourmillent de détails et appuient un style « très italien » à la vitalité rare et originale. Mais manifestement, l'artiste manque encore d'un peu de contrôle de soi et livre sur la centaine de pages de nombreux passages qui frôlent l'hermétisme, et empêchent le lecteur d'entrer dans cette fresque rocambolesque et bizarroïdes signée Alex Crippa.

 

zero to hero


Ce scénariste, on l'avait connu bien plus calme dans 100 âmes (Delcourt) ou Nero (Casterman). Il opère ici un déluge d'humour grotesque et de blagues vaseuses promptes à descendre ces fameuses déités de leur piédestal. Obsédés par leur reconnaissance populaire (nécessaire à la persistance de leur existence), ces derniers, menés par un Zeus manipulateur comme un dirigeant de TF1, passent autant de temps à atomiser des dieux de seconde zone totalement crétins (Alpha privatif qui transforme tout en son contraire, Mater Virginarium, chantre des féministes primaires) qu'à polisser leur image au travers de produits dérivés et de programmes de téléréalité. Un grand n'importe quoi qui joue la métaphore poussive de l'omniprésence actuelle des dirigeants politiques dans les médias, et du règne du paraître dans un défilé d'action et de références mythologiques pour le coup assez accessibles. Voyage dans le royaume des morts pour retrouver Prométhée et se venger de Dieu le père, cunnilingus géant avec Héra pour sortir des enfers, combat de catch avec Hercule... S'il ne fait pas dans la dentelle, l'album propose tout de même une lecture amusante, distrayante et imaginative, dont on a juste un peu la sensation d'arriver un peu trop rapidement à son terme. Après ce coup d'essai, on attend de voir si les deux auteurs rectifieront leur trop grand enthousiasme dans les deux volumes à venir.

Nathanaël Bouton-Drouard


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