PRINCE OF PERSIA LES SABLES DU TEMPS
Prince of Persia Sands of Time - Etats-Unis - 2010
Image de « Prince of Persia Les Sables du Temps »
Réalisateur : Mike Newell
Durée : 130 minutes
Distributeur : Walt Disney Pictures
Date de sortie : 26 mai 2010
Film : note
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portoflio
LE PITCH
Un prince rebelle est contraint d'unir ses forces avec une mystérieuse princesse pour affronter ensemble les forces du mal et protéger une dague antique capable de libérer les Sables du temps, un don de dieu qui peut inverser le cours du temps et permettre à son possesseur de régner en maître absolu sur le monde.
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Superproduction Disney / Bruckheimer dont le budget oscillerait entre 150 et 200 millions de dollars, Prince of Persia Les Sables du Temps était, sur le papier, un pari risqué. Trop peut-être, l'enveloppe brûlante poussant les principaux investisseurs à saborder dans l'oeuf une entreprise tellement prometteuse...

 

Difficile de douter ici des intentions de Jordan Mechner, parvenu à développer sous la tutelle de l'un des plus grands nababs d'Hollywood une adaptation cinématographique du jeu qui l'a rendu célèbre. Déjà à l'origine de l'intrigue passionnante du jeu Les Sables du Temps, remake féérique de son chef-d'oeuvre de 1989, Mechner avait toutes les cartes en mains pour signer avec ce Prince of Persia de chair et de sang un sommet d'aventure fantastique et de divertissement populaire. On imagine que Jerry Bruckheimer, en rupture de Pirates des Caraïbes et fraîchement divorcé d'avec Michael Bay, aura tôt fait en coulisses d'imposer à l'objet son pesant cahier des charges. La formule magique (enfin, si l'on peut dire) des virées de Jack Sparrow répond donc ici présente, du couple de héros en perpétuel crêpage de chignon aux seconds couteaux forts en gueule, en passant par les récréations comiques d'usage (cf. l'embarrassant numéro d'Alfred Molina dans le rôle d'un chasseur de prime / éleveur d'autruches) et les retournements de vestes attendus de la plupart des personnages. Sacrifiant son formidable matériau sur l'autel d'un marketing puriel (le film s'adresse à tout le monde... donc à personne), Prince of Persia est au final à peu près aussi spontané qu'un concert de Lady Gaga. S'il n'y avait que ça...

 

Guignol, Gnafron et Madelon

 

Réalisateur estimable de Quatre Mariages et un enterrement, ayant plus d'une fois par le passé affirmé sa passion exclusive pour un cinéma humaniste, terre-à-terre, simple et direct, Mike Newell avait été engagé sur Harry Potter et La Coupe de Feu pour sa seule nationalité britannique. On le retrouve aujourd'hui à la tête de Prince of Persia... grâce à son expérience sur Harry Potter. Un quiproquo durable, en somme, qui transpire ici de l'écran plus de deux heures durant, puisque le cinéaste ne se résoud jamais à prendre au sérieux une intrigue qu'il méprise ouvertement (il faut dire qu'avec leurs circonvolutions inutiles, les scénaristes ont su embrumer un pitch a priori élémentaire...). Dirigeant ses acteurs comme les marionnettes d'un théâtre de Guignol (beaucoup de sourcils froncés, de bouches tordues, de dents saillantes et d'yeux écarquillés), Newell laisse le soin à sa seconde équipe de mettre en boîte les séquence d'action attendues, successions mécaniques de prouesses yamakaziennes cadrées selon tous les styles possibles (ralentis-accélérés, jeu sur l'obturation, mouvements saccadés, tantôt des plans américains fixes pour une poursuite à cheval, tantôt des gros plans instables lors d'une bataille)... Donc encore une fois, sans style aucun. Adaptation fidèle aux diverses épreuves du jeu (énigmes à résoudre, phases de plates-formes, combats contre des boss, tout y est) mais en aucun cas à son esprit créatif, ce Prince of Persia filmique est davantage un malentendu conceptuel qu'un vrai long-métrage de cinéma ; une oeuvre de dupe dont les moyens colossaux auraient pu nourir une demi-douzaine de fresques somptueuses. N'est-ce pas là, après tout, le drame dans lequel s'est enlisé depuis près de dix ans Hollywood ?

Alexandre Poncet

 

 

 

 

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