PANIC SUR FLORIDA BEACH
Matinee - Etats-Unis - 1993
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Genre : Comédie
Réalisateur : Joe Dante
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français PCM Stéréo
Sous-titre : Français
Durée : 99 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 1 juin 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Panic sur Florida Beach »
portoflio
LE PITCH
Octobre 1962, la crise des missiles de Cuba plonge la planète dans la psychose atomique. Située à seulement 150 km des côtes cubaines, la ville de Key West se prépare au pire. Au milieu du tumulte, Gene Loomis, un adolescent solitaire, attend la venue du producteur de films d’épouvante Lawrence Woosley.
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Extra-cinema

Produit après le délirant et orgasmique Gremlins 2, Panic sur Florida Beach est le film le plus personnel de Joe Dante (de son propre aveu) et clairement l'un des plus réussi. C'est pourtant celui qui va marquer le début d'une traversée du désert avec les grands studios, l'obligeant à travailler pour la télévision (The Second Civil War, des épisodes pour Les Nuits de l'étrange, un autre pour Les Experts) ou à voir ses longs-métrages sacrifiés par la promo (Les Looney Tunes passent à l'action).    

 

De Gremlins à Explorers en passant par L'Aventure intérieure ou le scandaleusement inédit The Hole, Joe Dante n'a cessé de construire une filmographie en forme de montagnes russes, chaque production n'ayant comme principal but que de divertir les familles, pour mieux entre les lignes leur ouvrir les yeux quant aux contradictions de la société moderne. A ce titre, Panic sur Florida Beach est clairement son œuvre la plus symptomatique, en tout cas le film qui fonctionne le plus comme une somme globale. A l'instar de Tim Burton et de son sublime Ed Wood (sorti l'année suivante), Dante livre ici son hommage le plus vibrant à l'art dans lequel il évolue, mais surtout à un cinéma laissé pour compte et pourtant formateur de nombreux talents actuels : les séries B, les séries Z, les nanars de quartier peuplés de montres mal fagotés, de clichés en tout genre  mais aussi d'inventions inoubliables. Dans le producteur roublard et convaincu, incarné par un extraordinaire John Goodman, on reconnaît autant Alfred Hitchcock que le méprisé William Castle (La Nuit de tous les mystères), dans sa volonté de transformer une projection en véritable attraction foraine.

 

Dante-rama


Le trait est légèrement grossi, mais rarement un long-métrage n'aura autant transpiré pareil respect vis-à-vis de ces artisans de l'entertainment, et plus de l'odeur d'une salle de quartier. Ce cadre aux plans multiples permet d'ailleurs au réalisateur d'évoquer ses propres souvenirs de jeunesse, suivant les débuts sentimentaux d'un jeune ado passionné de Craignos Monsters tout en noircissant la toile de fond avec la crise des missiles de Cuba, qui faillit entraîner une 3ème guerre mondiale. Sous sa narration souriante, décontractée et du coup très 60's, Matinee (titre original reprenant le nom des fameuses séances réservés aux gamins) opère une description acide de l'Amérique paranoïaque de la guerre froide, entre propagande alarmante, règle de vie foireuse (manger de la viande à chaque repas), fausses alertes... Les adultes sont dépeints comme des veaux binaires, tandis que les ados, inquiets certes, préfèrent évacuer leurs peurs en les exorcisant sur grand écran. L'idée sublime du film est ainsi de confronter la peur du réel à celle de l'écran géant, en soulignant l'extériorisation salvatrice du film d'horreur. Un film manifeste mais tout en subtilités, qui mêle un humour dévastateur (impayable Robert Picardo en propriétaire de cinéma totalement hystérique) et sensibilité avec une minutie rare, superposant brillamment les niveaux de lecture d'un plan à l'autre, mariant le tout dans les mêmes séquences sans en gâcher la puissance.

 

wonder-maker

 

Et ces différentes strates de cheminer poétiquement vers une dernière bobine parfaitement dantesque. Alors que la salle pleine à craquer entame la projection du film Mant ! - sublime parodie des péloches de l'époque avec scientifique décalé et pauvre mec transformé en fourmi géante - , le producteur Lawrence Woosley joue au chef d'orchestre en faisant vibrer les fauteuils, en lançant un acteur grimé au milieu des spectateurs, tandis que la proximité d'une guerre nucléaire devient de plus en plus dramatique à l'extérieur. Mais au milieu de ce spectacle total, le jeune héros et son petit frère connaissent leur propre aventure, interactive avec le spectacle (jeux avec les coulisses, poursuite avec le figurant à fausse tête d'insecte), qui finira pour Gene et la mignonne Sandra par un premier baiser échangé alors qu'ils se pensent pris au piège d'une Panic Room, et derniers survivants de l'humanité. Plus que jamais dans toute sa filmographie, Joe Dante réussit à toucher ici au miracle même de la projection cinématographique, à une sensation de magie indéfinissable où culmine autant sa mise en scène directe mais magnifiquement réfléchie (voir la scène de la cuisine en première boboine, ou l'art de renverser des enjeux en resserrant discrètement un cadre), et un sens du timing imparable (beaucoup de plans-séquences à prévoir). Un simple ticket de cinéma a rarement été une aussi belle promesse.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
C'est-y pas beau lorsque l'un de nos chers éditeurs français nous fait l'infini honneur de proposer en exclusivité mondiale un Blu-ray de son cru ? En particulier lorsque ce dernier est un film de Joe Dante et que le bébé a été conçu en accord avec le réalisateur en personne. Un extraordinaire cadeau pour les cinéphiles en somme, doublé d'un disque HD d'excellente qualité. La photographie, volontairement pimpante façon années 60, trouve ici un formidable écrin en diffusant des couleurs chaudes et brillantes, reposant sur des contrastes maîtrisés. Noirs pleins, lumière frappante, la définition globale est particulièrement réjouissante et laisse apparaître une jolie finition dans les détails et un léger effet de relief des plus naturels. On remarquera de-ci de-là quelques plans moins définis, de brefs arrières-plans gâchés par une nappe neigeuse, mais la restauration et le réétalonnage démontrent un travail appliqué et respectueux.

 

Son :
Carlotta est en premier lieu un éditeur cinéphile, pas question alors de remanier la bande sonore de Panic sur Florida Beach pour en livrer une version HD en 5.1 sans réelle logique avec le spectacle. L'éditeur s'est tout de même fendu d'une remise au goût du jour des pistes stéréo d'origine. En anglais comme en français (moins percutant dans le dernier cas), le PCM stéréo permet donc quelques jolis effets de Surround et surtout une clarté de tous les instants, où vient se mêler avec délectation la bande originale somptueuse du regretté Jerry Goldsmith.

 

Interactivité :
Si déjà l'opportunité de redécouvrir ce petit bijou de Joe Dante dans les meilleures conditions au monde avait de quoi convaincre n'importe qui, Carlotta a tenu manifestement a cumuler les cadeaux. Excellente idée par exemple de proposer ici le montage complet du faux-film Mant !, présentant donc quelques passages inédits, accompagné qui plus est d'une jolie intro du réalisateur. Présentant le segment presque comme un long-métrage, le cinéaste insiste sur sa volonté de voir à l'écran des effets spéciaux pointus mais en accord avec les capacités de l'époque, souligne quelques clins d'œil ou récupérations d'idées sur ces séries B d'antan... Loquace, sympathique et amoureux de ce cinéma, Dante en fait une nouvelle fois la preuve dans le long entretien qu'il accorde à Michael Henry Wilson (Eastwood par Eastwood). Un supplément complet et introspectif qui replace le projet dans la filmo du bonhomme, les difficultés pour convaincre les studios de financer ce concept « invendable »... Pourquoi ne pas avoir carrément étendu le dialogue pour accoucher d'une interview-carrière ? Enfin l'interactivité s'achève avec une petite galerie photo, les habituelles bandes-annonces et une petite featurette d'époque (avec quelques plans du tournage non négligeables).

 

Liste des bonus : Entretien avec Joe Dante (31'), Featurette d'époque (5'), Mant ! Le court-métrage (16'), Préface de Joe Dante (6'), Galerie photos, Bandes-annonces

 
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