ASSAUT
Assault on Precinct 13 - Etats-Unis - 1976
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Image de « Assaut »
Genre : Thriller
Réalisateur : John Carpenter
Musique : John Carpenter
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1 et DTS 2.0 mono, Français DTS 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 91 minutes
Distributeur : Metropolitan
Date de sortie : 10 février 2012
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Assaut »
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LE PITCH
Dans un commissariat isolé, où téléphone et électricité ont été coupés, un groupe de policiers se retrouve sous l'assaut d'un gang de rue de Los Angeles. Afin de s'en sortir, Ethan Bishop, lieutenant de police, doit demander l'aide des prisonniers détenus au poste.
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Seuls contre tout

Trop longtemps mal distribué en France et surtout amputé de deux séquences indispensables (un pacte de sang proche de la sorcellerie et le meurtre originel d'une fillette), Assaut est enfin disponible en France dans son montage intégral et dans une qualité d'image totalement inédite.  

 

Premier « vrai » long-métrage de John Carpenter après Dark Star, film de fin d'étude foutraque et délirant cosigné par Dan O'Bannon, Assaut est comme toutes les premières œuvres des grands cinéastes une relecture des origines et références de l'auteur, mais aussi un terreau évident pour toutes ses productions futures. Tourné pour une bouchée de pain en trois semaines, Assault on Precinct 13 est un film d'action volontairement bis, surfant sur la vague de l'époque, qui réussit le croisement improbable et élégant entre le conditionnement économique (reprendre différents concepts du récents La Nuit des morts-vivants) tout en assouvissant une cinéphilie débordante, permettant notamment de rendre hommage au brillant Rio Bravo d'Howard Hawks. En résulte un rejeton étrange, qui cultive comme ses deux parents involontaires le lieu clos assiégé par une menace extérieure implacable, une masse incoercible. Dans les locaux du commissariat bientôt condamné (dans tous les sens du terme), on est amené à suivre quelques hommes et femmes dont les dialogues concis sonnent comme autant de munitions manquantes. Le scénario va à l'épure, à l'efficacité absolue, rapprochant d'autant plus ses figures de condamnés fatalistes de grands héros westerniens. Leurs valeurs sont similaires, tout comme l'esthétique globale, nourrissant à merveille un Panavision lent et éclatant, chargeant chaque image avec une plastique pure, ample et claustrophobique à la fois.

 

cathartique


Tout le talent de Carpenter est déjà bel et bien présent, en particulier dans un montage (signé sous le pseudo John T. Chance, personnage incarné par John Wayne dans Rio Bravo) à la mathématique et à l'efficacité sidérante, rebondissant sur une bande sonore électronique entêtante et pesante. Une musique forcément composée par le cinéaste en personne, qui justement dénote avec la nature « logique » du film, l'éloignant autant du polar que du western basique pour l'entraîner vers un ailleurs inquiétant, une nouvelle frontière qui flirte avec un fantastique impalpable. Montrés comme une bande de trafiquants de drogue et d'armes dans l'ouverture, les assaillants perdent ainsi progressivement toute identité définissable pour devenir une masse sans visage, jaillissant du hors champ, s'insinuant presque dans le décor comme un virus, et devenant une menace aussi réelle et organique que la vision d'un mal parfait dont les rejetons feront rapidement leur apparition dans Halloween (Michael Myers use des mêmes techniques), Vampires ou le terrifiant Prince des ténèbres. Le mélange est en tout cas étonnant, d'une modernité évidente, qui permet au passage à Assaut de s'écarter naturellement du brûlot politique républicain qu'il aurait pu être, pour s'apparenter à une évocation plus universelle du combat du bien contre le mal, de l'ultime résistance d'antihéros blasés contre une menace purement cinématographique.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Jusque là, il n'existait en France qu'une édition honteuse d'Assaut en DVD, à peine digne d'une sortie VHS. Récupéré par Metropolitan, le film nous revient miraculé, restauré de bout en bout avec un soin digne des plus grosses productions hollywoodiennes. La pellicule a été nettoyée, sans jamais dénaturer la photographie contrastée et le délicieux grain naturel, ce qui permet de découvrir le travail en profondeur de la photographie, les variations de couleurs et une mise en scène plus parfaite encore. Un quasi-sans faute puisque deux séquences se montrent moins pointues : l'ouverture avec des noirs envahissants, surdosés et surtout la scène où Laurie Zimmer libère les prisonniers, qui se voit martelée par un grain neigeux et omniprésent. Deux cicatrices sur un superbe visage, on dira que ça donne du charisme en plus.

 

Son :
Entre fidélité a l'écoute originale et nouvelles technologies, il faut parfois choisir... ou pas. Ici le film a bien été remasterisé en DTS-HD Master Audio 5.1 (uniquement en anglais), mais tout en gardant une balance essentiellement frontale. Quelques balles sifflent, mais musiques, effets et dialogues sont à 90% du temps concentrés sur les enceintes avant. Intérêt de ce mixage, et pas des moindres, le martèlement viril du caisson de basses reprend la rythmique de la bande originale. Excellent ! Mais les inconditionnels du mono ne sont pas en reste puisque l'éditeur fournit aussi au passage les deux mixages originaux (français et anglais) dans un emballage plus sexy appelé DTS-HD Master Audio 2.0 (mais mono). Le résultat est particulièrement propre, avec cette légère sonorité métallique de l'époque.

 

Interactivité :
Pas bête, l'éditeur français est allé directement piocher dans la seule édition du film existant avec des suppléments, c'est-à-dire le DVD US d'Image Entertainment. On retrouve donc telle quelle l'interview accordée par Carpenter et Austin Stocker (relativement silencieux) lors d'une rétrospective à la cinémathèque de Los Angeles. Mal filmée, dotée d'une image cradingue et d'un son pas toujours audible, l'interview regorge de petites anecdotes croustillantes (le meurtre de la petite fille retiré sur la copie montrée à la censure puis réintroduite dans le montage final) et fait preuve d'une bonne humeur constante. Même les questions moins pertinentes, voire un brin stupide, trouvent des réponses dotées d'une bonne dose d'humour. Carrément sympa, en tout cas bien plus que l'étrange montage musical d'extraits du scénario (en anglais), de story-boards et de photos de tournage, qui tourne carrément à vide. Les deux « gros morceaux » restent tout de même l'extraordinaire bande originale en piste séparée (la classe quoi) et le commentaire audio du maître, seul moyen finalement de connaître les origines du film, son recadrage dû à un budget réduit et l'explication de certains choix de mise en scène. Big John explique ainsi que certains plans longs ne sont dus qu'à l'impossibilité dans le planning de multiplier les prises. Etonnant. Sauf que comme John est tout seul, il s'ennuie aussi parfois un peu, se contentant de décrire les images, voire laissant passer quelques plages de silence... Dommage que Kurt Russell ne soit pas passé par là !

 

Liste des bonus : Commentaire audio de John Carpenter, La production du film (16'), Entretien avec John Carpenter et Austin Stoker (18'), Musique du film sur piste séparée, Bande-annonce.

 
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