DéMONS ET MERVEILLES : LES MONDES MAGIQUES DE JEAN MANUEL COSTA
France - 1970/1994
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Genre : Animation
Acteurs : Jean Manuel Costa
Musique : Pierre Mourey
Image : 1.33 4/3
Son : Français mono
Sous-titre : Aucun
Durée : 194 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 15 novembre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Jean Manuel Costa est un réalisateur de courts métrages et l’un des spécialistes français de l’animation. Ses courts-métrages qui mêlent fantastique et poésie, lui ont valut de multiples récompenses dont deux César et le titre de « Ray Harryhausen français » décerné par L’Ecran Fantastique. Ils sont présentés ici en version restaurée.
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le feu sacré

Il n'est déjà pas évident de se construire une carrière lorsque l'on aime le fantastique en France, mais quand en plus on est un passionné d'animation, cela devient un véritable sacerdoce. Pourtant Jean Manuel Costa n'a jamais dévié de sa voie, creusant peu à peu le visage d'une œuvre unique et poétique.

Et comme beaucoup de ces passionnés d'un cinéma que beaucoup trop de jeunes trouvent aujourd'hui désuet, la cinéphilie de Jean Manuel Costa a grandi en découvrant les grands films de Ray Harryhausen (Le 7ème voyage de Sinbad, Jason et les argonautes...) sur grand écran, des extraits de l'œuvre du tchèque Jiří Trnka dans les rares émissions tv dédiées à l'animation, avant d'exploser devant le choc King Kong. Film dont il enregistrera la bande sonore sur cassette et capturera des instantanés sur la pellicule de son appareil photo... A la débrouille donc, Jean Manuel, vite rejoint par son frangin Alain, apprend les rudiments de l'animation en piochant des infos dans les quelques ouvrages (en anglais) existants, en décortiquant ses œuvres préférées, mais surtout en expérimentant. De ses premiers films Super 8 tournés dans la chambre (Christmas Fancy mode Toy Story) aux exercices d'étudiants (l'inachevé mais généreux Galaxy Kong, le chiadé La Fleur et le chien en cellulos), on sent rapidement affleurer un véritable talent. Pas toujours extraordinairement précis soit, souvent surtout porté par l'énergie de la jeunesse, mais avec à la fois une compréhension évidente de l'espace et du mouvement et une quête de méthodes nouvelles (une caméra assistée motorisée digne des caméras assistés par ordinateur) pour donner corps à ses ambitions.

 

fantasmagories


Après quelques menus travaux chez Les films Martin-Boschet et une participation aux dernières productions de l'illustre Paul Grimault en particulier La Table Tournante (Alain son frère est responsable de l'un des moments les plus fort du Roi et l'oiseau), sa carrière démarre vraiment avec le court métrage La Tendresse du Maudit. Prix du court-métrage à Avoriaz en 1981 et César du film d'animation en 1982, il décrit avec beaucoup de douceur et de mélancolie, mais dans un paysage post-apocalyptique, l'amour d'une gargouille pour une statue de la Vierge. Le sujet, déjà atypique, mais surtout la beauté des décors, les efforts évidents portés sur la mise en scène, et la sensation de spleen qui s'en dégage, impose un regard, un auteur. A partir de là, il va devenir un incontournable de l'animation en France, enchainant les commandes publicitaires (EDF, Le Beurre...), quelques SFX pour la télévision (deux génériques pour Temps X, le pilote d'Astrolab 22 avec son ami Jean-Pierre Jeunet alors désœuvré) et même plus tard une séquence entière du Hercule 2 de Luigi Cozzi. Un segment qui rappelle ouvertement son amour pour la carrière d'Harryhausen, auquel il rendait déjà hommage dans son second court métrage, Le Voyage d'Orphée, sans aucun doute son plus réussi. Une visite éloquente des royaumes fantasy de la mythologie antique, entre statues de bronze qui prennent vie, combat contre un cerbère, ouverture contemplative sur une trière qui fend l'eau (en fait un bateau télécommandé) et visage de la méduse, ce bout de pellicule est un vrai petit bijou, aussi riche dans ses détails que dans l'amplitude et la finesse de ses animations. Les trois grands courts métrages qui suivront, Un Amour d'Hoffman, La Ballerine et le Ramoneur (dédié à Grimault et c'est logique) et l'ultime Histoire de Papier, plus expérimental, ne feront que confirmer les améliorations techniques constantes du bonhomme, mais aussi ce regard très personnel sur cette forme de cinéma : pas de dialogues, un rythme aérien, une beauté visuelle évidente plus qu'une construction carrée et classique de l'histoire... Comme si ce contemporain s'efforçait constamment de raviver un cinéma oublié, typiquement français, celui de Mélies, magicien et explorateur d'un imaginaire naïf et évocateur.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Composé d'une collection de court-métrages plus ou moins datés, plus ou moins bien conservés, le coffret proposé par Rimini ne laissait pas forcément augurer un écrin technique de haute volé, tant on s'imaginait bien qu'un distributeur n'allait pas verser des sommes inconsidérées dans la restauration de cette filmographie. Pourtant, jolie surprise, les nouveaux masters glissés sur le disque ne sont jamais catastrophiques... loin de là. Tous filmés en pellicule (et c'est sans doute ce qui les sauve), ils laissent apparaitre petites taches, points blancs et légères instabilités, mais les scans dont de très belles tenues avec des couleurs riches, de jolis contrastes et un piqué plus qu'honorable. Même les débuts en super8, granuleux et marqués, sont tout à fait regardables.

 


Son :
Idem avec des pistes sonores pas des plus jeunes, mais comme de toute façon Costa n'a signé que (ou presque) des films muets, les petits inconforts des balances ne gênent pas. Les mono d'origines livrent dignement leurs petits bruitages, les quelques grognements des personnages et bien entendu les petites partitions musicales. Sobre.

 


Interactivité :
Jusque-là notre animateur hexagonal n'avait eu le droit dans les années 90 qu'à une unique VHS édité par le courageux, et regrettée, Haxan. Le programme ne contenait alors, et c'est assez logique, que les cinq courts métrages principaux. Les années et le support DVD aidant, Démons et Merveilles se montre largement plus généreux et complet. A tel point d'ailleurs que l'on ne sait pas toujours où le programme principal laisse la place à ce que l'on pourrait considérer comme des bonus. Dans tous les cas, le premier disque de ce joli fourreau réunis l'intégralité des films de Jean-Manuel Costa et son frère, ajoutant donc aux cinq bien connus, pas moins de neuf œuvres de jeunesse (en Super 8 et 16mm), mais aussi le making of télé très sympathique du Voyage d'Orphée et la bande annonce animée du Dead & Buried de Gary Sherman.
Le second se montre plus clair avec des interviews inédites du frère (animateur pour Disney sur Qui veut la peau de Roger Rabbit ? ou Fantasia 2000), du fils et du neveu de Jean Manuel, faisant le portrait d'une famille entièrement tournée vers la création et l'animation. JM Costa est quand à lui au centre du grand documentaire Les Voyages fantastiques de Jean Manuel Costa, constitué autour d'un long témoignage de l'artiste, d'une visites de ses archives, mais aussi des interventions des membres de sa famille (en particulier Alain), de l'ami de jeunesse Jean-Pierre Jeunet, du collaborateur Luigi Cozzi et du spécialiste de la stop-motion Gilles Penso (tiens, il nous dit quelque chose celui-là...). Un petit film très vivant, qui dresse le portrait d'un créateur modeste mais exalté, et dans lequel on découvre les petits bouts manquant du premier disque : extraits des SFX de Hercules 2, générique de Temps X, publicités... La face avant du digipack annonce « Version intégrale », elle ne mentait pas.

Liste des bonus : Making of Le voyage d'Orphée (13'), Bande annonce de Réincarnation (1'), Les récompenses, Documentaire : « Les voyages fantastiques de Jean Manuel Costa » (82'), Interview d'Alain Costa (15'), Interview de Jean-Nicolas Costa (5'), Interview de Martin Welter (10').

 
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