THE ‘BURBS
Les Banlieusards - Etats-Unis - 1988
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The ‘Burbs »
Genre : Comédie
Réalisateur : Joe Dante
Musique : Jerry Goldsmith
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 102 minutes
Distributeur : Carlotta
Date de sortie : 1 décembre 2016
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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portoflio
LE PITCH
Ray Peterson habite Mayfield Place, une rue paisible de Hinckley Hills dans le Midwest des États-Unis. Ce père de famille sans histoire décide de passer sa semaine de congé chez lui et de profiter du calme du quartier pour se reposer. Mais d’étranges événements ont lieu depuis qu’une nouvelle famille, les Klopek, s’est installée dans la rue. Ray et ses voisins, Art le fouineur et Mark le vétéran ultra-autoritaire, décident de les espionner, persuadés que les Klopek sont à l’...
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barbecue tragicomique

Jamais sorti en salle en France, vilipendé par la critique aux USA, Les Banlieusards qui reprend ici son vrai titre, The ‘Burbs, est pourtant devenu l'objet d'un véritable culte, l'un des films les plus aimé de Joe Dante (et ils sont nombreux) qui une fois encore sous des dehors de divertissement léger, s'avère l'une des analyses les plus pertinentes, et cruelles, de la société américaine.

Un peu trop rapidement rattaché aux univers naïfs et popcorn de Steven Spielberg, caractérisé comme son pendant « sale gosse », Joe Dante malgré quelques succès inoubliables à son actif, avec en tête de proue le parfait Gremlins, est pourtant bien souvent passé sous les radars. Un entertainer certes, capable de piloter des projets d'envergures et aux effets spéciaux aujourd'hui encore impressionnants, mais qui bien entendu à chaque fois s'amuse à y apporter son petit grain de sel, son jeu des contrastes, son regard cinéphile autant que sociétale. Encadré par les similis blockbusters L'Aventure intérieure et Gremlins 2, qui bien entendu seront loin du raz de marée souhaités par la Warner, on trouve ainsi The ‘Burbs comédie en note mineure, sur un scénario de Dana Olsen (Les Aventures d'un homme invisible, George de la jungle), détournant avec malice les codes de la sitcom colorée et proprette des années 50, pour mieux brancarder les fameuses banlieues huppées célébrées par l'état providence. Une ironie qui séduit d'emblé Joe Dante, ayant justement grandi dans ces paysages et y revenant inlassablement dans sa filmographie (Gremlins, Small Soldiers, la série Marshall et Simon...), et y trouvant un écho direct à la déconfiture de la culture américaine portée par les années néo-réac de la présidence Ronald Reagan.

 

nos chers voisins les ricains


The ‘Burbs est donc bel et bien un divertissement, une comédie endiablée, capable de glisser avec bonheur dans le burlesque, dans le concours de grimaces et le gag délirant, mais c'est aussi, une analyse satirique d'un microcosme (un effet de loupe comme révélateur grossissant) totalement hystérique, infantile, paranoïaque et irresponsable. Sous couvert d'enquête sur les agissements curieux de voisins qui ont eu la triste idée de ne pas rentrer dans le cadre, Ray Peterson et ses camarades de jeu (on dirait vraiment une bande de gosses) inversent le concept du home invasion, devenant d'authentiques dangers publiques, des voyeuristes monstres, des abrutis absolus.
ourné intégralement dans les backlot des studios Universal, ayant déjà servis entre autres à la série 1er degré Leave It To Beaver, et sa famille parfaite et idéale, et que l'on retrouvera tel quel dans un Desperates Housewifes très emprunté, The ‘Burbs ne respecte aucune iconographie de la carte postale américaine. Il se moque ainsi autant de la figure mythologique du sheriff (tout n'est que parodie de western), que de la winner et virile attitude des 80's avec un Tom Hanks hilarant en ado mal dégrossi, se baladant en peignoir sous le regard maternel et moqueur de sa femme/mère, Carrie Fisher aussi parfaite que dans Quand Harry Rencontre Sally. L'œil qui frise, le sourire au coin des lèvres, une apparente simplicité, The ‘Burbs est à l'image de son auteur, modeste, rigolard, mais pointu et acéré. Clairement à l'aise dans l'exercice, citant les Universal Monsters autant que le comique Massacre à la tronçonneuse 2 du collègue Tobe Hooper, Joe Dante rappelle comme à son accoutumée une partie de sa troupe de potes habituelle, de Dick Miller à Wendy Schaal en passant par un Corey Feldman (Les Goonies) éreinté par la coke. Il délivre au passage à son binôme Jerry Goldsmith une occasion en or d'ajouter au jeu des références en glissant d'authentique clin d'œil musicaux, et abouti à un film / cartoon dont finalement la seul faute sera un happy end maladroit commandité par la tête d'affiche et le studio. Pas de quoi entamer la férocité et le politiquement incorrecte, de l'un des plus grands et attachants cinéastes américains contemporains.

Nathanaël Bouton-Drouard










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Image :
Loin d'être idiot, notre éditeur national, Carlotta, a préféré bouder le master HD très passable édité en mai dernier par Universal (aux USA) au profit de la restauration bien plus sérieuse effectué par Arrow en 2014. Un nouveau scan 2K donc pour une copie nettoyée avec beaucoup de soin et de respect qui aboutit à une image belle comme un sou neuf. Aucune trace d'un réducteur de bruit trop violent ou autres retouches numériques déplaisantes, le film garde constamment sa rugosité initiale, laissant se refléter les argentiques autant que le grain naturel de pellicule. De petites marques qui se montrent d'ailleurs un peu plus présentes dans les scènes intérieures (plus sombres donc), mais sans jamais décrocher, la compression se montrant intraitable. Seul petit défaut, pour les pointilleux, la colorimétrie, chaude et contrasté, a un peu tendance à pousser les rouges... mais on pinaille.

 


Son :
Comme toujours avec Carlotta, pas question de moderniser artificiellement les pistes sonores des films du catalogue. Ici The ‘Burbs n'est proposé que dans sa stéréo d'origine, mais bien entendu restaurer elle aussi pour un résultat d'une clarté absolue, démontrant d'ailleurs les grandes qualités dynamiques du Dolby de l'époque. Musique, bruitage, dialogue, tout se marie harmonieusement, d'autant plus avec un DTS HD Master Audio comme standard.

 


Interactivité :

A peine eu le temps de se remettre de l'édition particulièrement réussie de Little Big Man dans la bien nommée collection Coffret Ultra Collector, voici que le cinquième volume nous parvient déjà. Et encore une fois l'éditeur fait mouche en se consacrant à un film longtemps sous-estimé et qui du coup mérite amplement désormais tous les compléments qui l'accompagnent. Et on serait même prêt à déclamer notre engouement pour le livre Les Monstres de Mayfiled Place, qui retrouve à sa manière toute la pertinence de l'ouvrage présent pour Body Double. Plus question ici de compiler des articles et documents récupérés dans différentes revues ou ouvrages, l'intégralité des textes est inédite. Une bonne surprise confirmée par la qualité de ces derniers, supervisés par Frank Lafond (Joe Dante l'art du je(u)), retraçant bien entendu la genèse du film, mais aussi la carrière du cinéaste, la symbiose entre ce dernier et Jerry Goldsmith, l'impact des acteurs dans le film, l'art de la comédie de The Burbs, le regard porté sur la société américaine et même ses liens avec la névrose sataniste des années 80. Entre écriture pointue, cinéphile et analyses brillantes, tous les intervenants se montrent d'une vraie pertinence (même si on ne peut être d'accord avec tout), avec un indispensable second degré au passage.

Un ouvrage qui va clairement ravir les fans de Joe Dante, qui d'ailleurs ne sont pas aux bouts de leur peine puisque le Bluray contient une introduction du même Lafond, mais aussi un trésor de taille : la copie de travail du film retrouvée dans les archives du cinéaste. Un montage alternatif, avec musiques temporaires, scènes plus longues ou additionnelles, que l'on peut découvrir de manière brute (dans son intégralité) ou par le biais d'un comparatif avec commentaire audio optionnel de Dante. L'occasion d'apprécier le travail d'improvisation des acteurs (Hanks et Fisher sont redoutables), quelques gags supplémentaires, un cameo inédit et surtout le travail réfléchi d'épuration effectué. C'est là aussi que le spectateur découvre l'une des fins alternatives tournées, moins spectaculaire, mais avec un monologue hilarant bien plus acide par Henry Gibson. Un document que l'on aurait sincèrement jamais espéré pouvoir découvrir un jour. Plus classique, les featurettes d'époque (pseudo making of, interview promos de Tom Hanks et Rick Ducommun) viennent satisfaire les archivistes.
Bon reste le cas, La Vie de banlieue selon Joe Dante, interview inédite et exclusive du réalisateur, document habilement monté, bourré d'informations croustillantes (que vient faire Michael Jackson dans cette affaire?) et bien entendu en grande partie porté par la gentillesse constante du bonhomme. Un segment produit par Freneticarts. Nous donc.


Toujours limité à seulement 3000 exemplaires, ce nouveau coffret sortant pour les fêtes de Noël, est un indispensable absolu, à la rigueur éditoriale impeccable, et qui se pavane en prime avec un visuel idéal conçu par le génial designer Mick Brownfield. Nuff' said.

Liste des bonus : Le livre « Les monstres de Mayfield Place » dirigé par Frank Lafond (200 pages), Préface de Frank Lafond (6'), « La vie de banlieue selon Joe Dante » : entretien avec Joe Dante (22'), « The Burbs » : copie de travail de Joe Dante (106'), « Le conte des deux banlieues » (24'), Fin alternative (7'), Archives promotionnelles : featurette et entretiens avec Tom Hanks et Rick Ducommun, Bande-annonce.

 
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