TROPIQUE DU CANCER
Al Tropico del cancro - Italie - 1972
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Genre : Thriller
Musique : Piero Umiliani
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français DTS HD Master Audio mono
Sous-titre : Français
Durée : 92 minutes
Distributeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : 1 avril 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Tropique du Cancer »
portoflio
site officiel
LE PITCH
Vivant depuis de nombreuses années à Port-au-Prince, le Docteur Williams traîne une réputation de fabricant de drogue. Sa dernière création est un puissant hallucinogène permettant de plonger dans un univers érotique ouvrant sur ses désirs les plus secrets et qui attire la convoitise de nombreux curieux...
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meurtres au soleil

Réalisé à quatre mains par le duo Gian Paolo Lomi et Edoardo Mulargia, Tropique du Cancer est sorti en 1972, alors que la vague du giallo est à son zénith après des œuvres aussi marquantes et fondatrices que Six femmes pour l'assassin de Mario Bava (1964), L'Oiseau au plumage de cristal de Dario Argento (1970) ou encore Journée noire pour un bélier de Luigi Bazzoni (1971).

Assez peu connu aujourd'hui, le film s'inscrit pourtant dans ce que le genre a fait de plus atypique. Bien qu'il suive la traditionnelle trame policière et l'enquête autour d'un mystérieux assassin ganté, dont les meurtres sont filmés en caméra subjective, Tropique du Cancer se démarque sur plusieurs points. Tout d'abord, le cadre de l'action, Haïti et ses rues baignées d'un soleil éclatant, tranche avec les recoins sombres des vieilles villes et illustres demeures faisant jusqu'alors la marque des gialli. Ici, le suspense et l'angoisse naissent dans la moiteur suffocante et la lumière aveuglante de Port-au-Prince. Un choix posant les bases d'un parti-pris audacieux et pertinent que l'on retrouvera à l'oeuvre dix ans plus tard dans le Ténèbres de Dario Argento (1982). De toute évidence, la lumière et le cadre géographique de Tropique du Cancer lui confèrent un pedigree inhabituel et déstabilisant, que vient renforcer l'intrigue policière de « whodunit » (qui a tué ?) elle-même liée à l'histoire traitant de la création d'une puissante drogue hallucinogène extrêmement convoitée. Un curieux mélange aux ramifications pas toujours convaincantes mais qui se laisse suivre, si l'on apprécie le genre et que l'on peut passer sur une construction un peu aléatoire des séquences et des personnages pas toujours bien définis.

 

réalisme et onirisme


Car l'essentiel reste la trame policière, son tueur ganté et les différents meurtres qui, s'ils ne sont pas des plus nombreux, restent violents et particulièrement efficaces. Gian Paolo Lomi et Edoardo Mulargia ajoutent par ailleurs à ce giallo un peu autre, des aspects et mécaniques assez surprenants dans ce genre de production. C'est le cas de ces scènes de rituels vaudou qui semblent captées sur le vif, à l'image d'un film documentaire, une démarche que l'on retrouvera notamment dans L'Antéchrist d'Alberto De Martino (1974) dans ses saisissantes scènes d'exorcisme. L'expérience d'un des deux réalisateurs à la barre, Gian Paolo Lomi, assistant réalisateur sur Les Négriers de Franco Prosperi (1971), pourrait en attester. Cette recherche de la véracité se percute néanmoins avec l'incongruité d'une séquence follement hallucinogène et débridée un peu plus loin dans le film, au sein de laquelle la sublime Anita Strindberg déambule au ralenti dans un couloir rouge vif, en proie aux « griffes » d'innombrables bras dressés face à elle. Une scène onirique justifiée par le scénario, mais jurant formellement avec le reste du film, ancré dans une certaine forme de réalisme, et qui renvoie inévitablement à la séquence d'ouverture du Venin de la peur de Lucio Fulci (1971), dans laquelle s'échappait déjà la belle Anita Strindberg, véritable star du giallo dans les années 70 (Qui l'a vue mourir ? d'Aldo Lado en 1972), dont l'érotisme irradie une fois encore ici. Autour d'elle, Anthony Steffen, connu pour ses westerns spaghettis comme Django le Bâtard (1969), qui lui valurent le surnom de Clint Eastwood italien, est le docteur Williams, tandis que Gabriele Tinti (Black Emanuelle d'Adalberto Albertini, 1975) est son mari.

Érotisme latent, accès de violences, réalisme et onirisme, un cocktail déroutant pour un film qui ne l'est pas moins. Malgré son relatif anonymat au sein des plus fameux gialli, Tropique du Cancer constitue néanmoins une certaine curiosité pour les amateurs.

Nicolas Mouchel









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Image :
La copie Blu-ray impressionne par son image d'une propreté à toutes épreuves. Ayant visiblement fait l'objet d'un nettoyage scrupuleux, celle-ci dispose de belles couleurs et d'un piqué appréciable. Les contrastes ne sont pas en reste, malgré des noirs manquant de profondeur dans les plans de nuit. De même, la présence de grain à l'image apporte une touche d'authenticité appréciable.

 


Son :

Côté son, là aussi, la restauration a fait son œuvre avec une belle dynamique sonore dans la version originale, un peu en dessous dans la version française. Les dialogues sont claires et bien équilibrés, les sonorités ambiantes sont également bien mises en avant et sont restituées avec puissance dans certaines scènes (les rituels vaudou).

 


Interactivité :
Le Chat qui fume propose une série appréciable de modules en termes d'interactivité. Comme à l'accoutumée, le film est proposé dans sa version VHS, une curiosité dispensable mais qui a le mérite d'exister. La parole est ensuite donnée aux deux réalisateurs Giampaolo Lomi (Mort à Haïti - 33 mn) et Edoardo Mulargia (Voyage Hallucinatoire - 19 mn) qui, à l'image de leur participation au film, s'expriment chacun de leur côté, revenant dans les deux cas sur leur implication dans le film et prenant fait et cause pour leur propre travail. Dans un troisième segment intitulé « Giallo Caldo », Francis Barbier tente en 26 minutes l'analyse de Tropique du Cancer. Un bel exercice qui éclaire l'oeuvre sous un jour nouveau et donne envie de le redécouvrir. Enfin, le dernier module s'écarte du film pour évoquer le giallo de manière plus générale, Fathi Beddiar (ex-Mad Movies) y aborde ses trois œuvres préférées du genre (25 mn).

Liste des bonus : Mort à Haïti avec le co-réalisateur Giampaolo Lomi (33mn), Voyage Hallucinatoire avec le co-réalisateur Edoardo Mulargia (19mn), Giallo Caldo par Françis Barbier (26mn), 3 Gialli par Fathi Beddiar (25mn), Tropique du Cancer en mode VHS, Films annonces.

 
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