PREMIER CONTACT
Arrival - Etats-Unis - 2016
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Genre : Science-fiction
Réalisateur : Denis Villeneuve
Musique : Johann Johannson
Image : 2.35 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 anglais, Dolby Digital 5.1 anglais, français, espagnol…
Sous-titre : Français, anglais, allemand…
Durée : 116 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 12 avril 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Lorsque de mystérieux vaisseaux venus du fond de l’espace surgissent un peu partout sur Terre, une équipe d’experts est rassemblée sous la direction de la linguiste Louise Banks afin de tenter de comprendre leurs intentions. Face à l’énigme que constituent leur présence et leurs messages mystérieux, les réactions dans le monde sont extrêmes et l’humanité se retrouve bientôt au bord d’une guerre absolue. Louise Banks et son équipe n’ont que très peu de temps pour trouver ...
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réfugiés

Attendu de pied ferme sur la suite casse-gueule de Blade Runner (film culte) et une nouvelle adaptation du roman Dune (totalement culte), Denis Villeneuve fait ses premières armes en science-fiction en explorant une odyssée humaine, profonde et hypnotique. Quand un genre trouve le mot juste.

Etranges objets que ceux qui atterrissent en douze points du globe, sortes de galets géants, vaisseaux aux contours doux mais à l'ombre menaçante, et par lequel le cinéaste québécois invoque sans détour le monolithe archétypale de 2001 L'Odyssée de l'espace. Une fascination pour Stanley Kubrick qui a toujours été évidente dans la rigueur incroyable du bonhomme, poussant constamment ses films à prendre de la hauteur, comme construit autour d'un regard mathématique et froid. Cette présence est bien entendu constante dans Premier contact, certes adapté d'un roman de Ted Chiang, mais semblant surtout évoquer une réponse lointaine aux recherches métaphysiques et plastiques du cinéaste monument. L'opposition entre l'immensité et la simplicité du contact justement, la pureté des formes, les conséquences philosophiques de ce dialogue difficile... Mais ici pourtant aucun déshumanisation du propos, nulle envolée lyrique abscond, Denis Villeneuve offrant finalement un pont salutaire entre 2001 et la fable inoubliable de Steven Spielberg : Rencontre du troisième type.

 

le choix de louise


Ainsi, Premier contact est une pure œuvre de SF dans ses ambitions, opaque parfois dans sa construction et terriblement ambitieuse dans ses fondements aussi bien politiques que réflectifs sur le futur de l'espèce. Mais tout comme dans Prisoners ou Sicario, la ligne brisée fait rejaillir constamment la force et l'importance naturelle des personnages. Jamais très loin des canons soit, mais Villeneuve réussit toujours à teinter ses modèles universels, avec un réalisme mélodramatique imparable. Alors, devant cette évocation entre deux civilisations séparées par l'espace et le temps, Premier contact oscille entre une métaphore ouverte sur la notion d'étranger, et le portait intime d'une mère brisée par le deuil, offrant à Amy Adams ce qui est sans doute son plus grand rôle à l'heure actuelle. Dans tous les cas, que ce soit pour la fragmentation d'un monde contemporain pourtant écrasé sur une planète plus petite que jamais, où le choix personnel d'une linguiste perdue entre passé, présent et futur (le film est construit comme un palindrome), tout peut et doit s'harmoniser par le langage et donc la communication. C'est le message finalement d'une simplicité enfantine, évidente, qu'adresse Denis Villeneuve dans ce que l'on peut qualifier de l'un des plus grands films de science-fiction de ces dernières années, marquant par l'étrangeté unique des créatures (des silhouettes animales), la sublime écriture en glyphe circulaire totalement inventée pour le film, l'amplitude sidérante de la chorégraphie visuelle, tout autant que par sa puissance émotionnelle. Grand, très grand.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Si l'on cherche les grandes prouesses du master HD de Premier contact, on ne les trouvera qu'à de rares occasions : les inserts sur la fille de Louise Banks et les sections lumineuses dans l'antre des aliens. C'est que le choix photographique de Bradford Young (A Most Violent Year) n'a rien de spectaculaire, bien au contraire, opposant constamment des coueleurs éteintes, des noirs opaques, des contrastes glissants à quelques jaillissements, plus rares donc, mais extraordinairement tranchants et vifs. La grande majorité du métrage semble donc constamment capturée dans une pénombre intérieure ou une triste après-midi pluvieuse, ce qui est tout à fait l'effet recherché. Le numérique 2K fait donc ressortir le maximum de l'objet, avec piqué et profondeur qui ne cessent d'apporter du volume à l'ensemble, mais il ne faut pas s'attendre à un spectacle éclatant.

 


Son :
Toujours autant de mal à comprendre les éditeurs qui se contentent de sobre Dolby Digital 5.1 pour les versions doublées (ici en français bien entendu) alors que la version originale fait la fière avec son DTS HD Master Audio 7.1. Et en l'occurrence avec Premier Contact, cette amplitude et cette limpidité n'est pas là que pour les artifices, donnant corps littéralement à un mixage et une bande originale moins atmosphériques qu'expérimentaux, faisant entrer avec beaucoup de finesse et une spatialisation totale dans cette rencontre d'un autre type.

 


Interactivité :
Simples et directs, les modules vidéos proposés sur le disque de Premier Contact se contentent de traiter les différents points de production par le biais de suppléments au ton étrangement promo. Est-ce que l'engouement de l'équipe du film est cette fois-ci totalement sincère ? Possible. Dans tous les cas, si parfois certaines questions auraient mérité plus de temps (la mise en scène), les segments délivrent pas mal d'informations avec quelques images de tournages à l'appui. On apprécie tout particulièrement le traitement des ambiances sonores et la featurette complète sur le montage, embrassant ici totalement la narration atemporelle du film.

Liste des bonus : « La xénolinguistique » : comprendre « Premier Contact » (30'), « Récurrence éternelle » : la BO (11'), « Signatures acoustiques » : la conception sonore (14'), « Pensée non linéaire » : le processus du montage (11'), « Principes du temps, de la mémoire et du langage » (15').

 
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