PHANTASM
Etats-Unis - 1979
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Genre : Horreur
Réalisateur : Don Coscarelli
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 89 minutes
Distributeur : Sidonis
Date de sortie : 6 juin 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Phantasm »
portoflio
LE PITCH
Orphelin depuis peu, Mike découvre que des faits étranges se déroulent dans le cimetière de Morningside. Il remarque un croque-mort à l’allure sinistre porter des cercueils comme s’il s’agissait de simples boîtes de carton, puis de petites créatures encapuchonnées aux activités pas moins suspectes… Effrayé mais curieux, aidé de son ami Reggie, Mike cherche à savoir ce qui se passe réellement. Il n’est pas au bout de ses surprises.
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The Dreamcatcher

Rejeton culte de l'âge d'or du cinéma d'horreur indépendant américain aux cotés de Massacre à la tronçonneuse, Halloween, Evil Dead et autre La Colline a des yeux, Phantasm reste pourtant un objet curieux, jamais vraiment effrayant, mais toujours inquiétant, qui est devenu comme ses camarades une licence assez fructueuse.

D'ailleurs si le quatrième opus sorti en 1998 est toujours inédit en France, un cinquième Phantasm: Ravager a été distribué l'année dernière toujours au-delà de nos frontières. Preuve que si le titre même est bien moins célèbre que les créations de John Carpenter ou Sam Raimi, il s'est installé durablement dans les mémoires et continue d'intriguer des spectateurs connaisseurs, sans doute encore hanté par le terrifiant et insaisissable Tall Man, croquemitaine en costume noir incarné par le géant Angus Scrimm. Et si l'univers ne cesse de croitre et d'évoluer de film en film, c'est que dès 1979, tout est déjà présent à l'écran dans ce troisième long métrage de Don Coscarelli. Un réalisateur d'origine italienne, qui après deux comédies dramatiques adolescentes assez sensibles, prend véritablement son envol en mettant en scène ses propres cauchemars et ses angoisses de jeunesse, et en particulier cette indiscutable fascination / aversion pour la mort. Dans Phantasm, elle est absolument omniprésente, que ce soit de jour ou de nuit, mais aussi dans les décors (cimetière, mausolée à l'architecture antique), le pas lourd et glacial du fameux Tall Man, évocation moderne de la faucheuse, dans les bribes de sexualité qui réussissent à naitre (une succube à forte poitrine), mais aussi hors du cadre avec cette mélancolie qui s'empare de chaque dialogue, de chaque situation, de chaque note d'une mélodie funeste.

 

la mort en marche


Un film sur le deuil, sur l'angoisse de cette finalité qui frappe les enfants au passage à l'âge adulte, et qui justement ici prend les atours d'un songe, d'un voyage onirique. Si quelques rares passages peuvent faire sursauter, Phantasm n'effrayera jamais vraiment, mais travaille surtout un mélange de curiosités, de séquences plus ou moins naturelles, parfois magiques (la rencontre avec la médium), touchantes ou drôle (les dialogues entre Mike et son pote Reggie), parfois terriblement grotesques (le doigt qui se transforme en mouche géante), le plus souvent dotées d'une imagination unique et inoubliable... Avec bien entendu la fameuse boule chromé volante qui s'enfonce dans le crane de ses victimes. Des idées visuelles comme celle-là, le film en regorge, ne se refusant jamais rien et ce malgré un budget que l'on imagine très bien en deça des ambitions. Futur créateur des délirants Bubba Ho-Tep et John Dies at the End, Coscarelli entraine déjà le spectateur dans un monde autre, parallèle, soit les perceptions du point de vue du jeune frère (n'est-ce vraiment qu'un rêve ?), ou comme le notre déjà modifié par un Tall Man charismatique mais on ne peut plus mystérieux ? Dans tous les cas, ce flou constant entre le réel et l'irréel transforme ce qui n'aurait pu être qu'un autre film d'horreur en délire subjectif, avec une réalisation lancinante, un montage parfois abrupte ou délié, un scénario opaque et surtout un spectacle parsemé de nains encapuchonnés, de boule de pétanque à pointe, de cadavres emballants et de portes transdimensionnelles. Et justement grâce à tout cela, Phantasm est une œuvre riche et hypnotique.

Nathanaël Bouton-Drouard








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Image :
Rencontre inattendue : c'est bel et bien la société de J.J. Abrams (Star Wars VII), soit Bad Robot, qui s'est chargée de la restauration du film. Un travail extrêmement soigné qui aboutit à un tout nouveau transfert d'une jeunesse renversante et d'une pureté jamais atteinte jusque-là. Le film n'a jamais été aussi beau de toute sa carrière, les cadres étant d'une propreté jamais mise à mal, précis et pointus, dotés désormais d'une profondeur marquée et de contrastes forts et tranchants. Les lumières son vives et froides, les teintes rouges délicieusement chaudes, les noirs abyssaux... Quelques effets spéciaux un peu datés sortent du lot, forcément, mais le tout profite majestueusement de ce tout nouveau scan 4K !

 


Son :
Plutôt sympa, même si parfois à coté, le doublage français d'origine nous revient dans un DTS HD Master Audio 2.0 confortable. La version originale elle, est disponible ici dans un DTS HD Master Audio 5.1 inédit, qui là encore s'est offert une belle restauration, et développe désormais quelques effets surrounds rares mais agréables. Niveau pureté, c'est la bande originale qui en profite le plus, tandis que certaines petites scènes laissent échapper un léger effet d'échos rappelant la modestie initiale de cette production.

 


Interactivité :
On ne peut pas dire que jusque-là la saga Phantasm ait été particulièrement cajolée sur le marché français... tant et si bien qu'on ne trouve aucune sortie du premier film chez nous depuis sa veille VHS. Un scandale enfin réparé par Sidonis allié à ESC Distributions avec un steel book super classe et la toute nouvelle copie HD qui dépote. Déjà un beau cadeau, complété dans la section bonus par une présentation du film par le réalisateur Julien Maury (A l'intérieur) et le critique Guy Astic, responsable des Edition Rouge Profond. C'est ce dernier qui se montre le plus éloquent, décryptant les particularités du cinéma de Coscarelli et la beauté étrange de son cinéma, alors que le second l'envisage plutôt du point de vue d'un fan.

Du coté des archives, la galette contient aussi une interview télévisée du cinéaste et de l'acteur Angus Scrimm enregistrée à l'époque de la première sortie. Etonnant de voir à quelques point ce moment très vieillot à l'image se révèle très riche en informations, le journaliste étant capable de parler mise en scène, inspirations, évolution du genre et direction d'acteur. Scrimm en profite d'ailleurs pour évoquer son modèle, Boris Karloff, auquel il rend encore hommage dans une intervention enregistrée lors d'une convention en 1989. Un grand one man show dans lequel l'acteur passe son temps à prendre la voix du Tall Man pour le plus grand plaisir des fans.
On pourra tout de même regretter que certains suppléments disponibles outre-Atlantique soient ici absents comme les scènes coupées ou le commentaire audio.

Liste des bonus : « Au cœur du Phantasm », un livret de Marc Toullec, Interview inédite de 2017 de Guy Astic et Julien Maury (20'), Interview d'époque du réalisateur Don Coscarelli et de l'acteur Angus Scrimm réalisée en 1979 (28'), Intervention d'Angus Scrimm à une Convention en 1989 (10'), Galerie de photos, Bande-annonce

 
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