L’HOMME AU MASQUE DE FER
The Man in The Iron Mask - Etats-Unis - 1939
Image plateforme « DVD »
Image de « L’Homme au masque de fer »
Genre : Aventure
Réalisateur : James Whale
Musique : Lucien Moraweck
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 96 minutes
Distributeur : Rimini Editions
Date de sortie : 6 juin 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Homme au masque de fer »
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LE PITCH
D’Artagnan et ses amis mousquetaires sont les seuls à savoir que le Roi Louis XIV a un frère jumeau, dont il a été séparé à la naissance. Lorsque le roi découvre la vérité, il décide de faire emprisonner ce frère, qu’il condamne à porter toute sa vie un masque de fer qui rendra impossible toute identification.
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Le masque et la plume

Quelques décennies avant que Randal Wallace ne viennent massacrer l'œuvre du pauvre Alexandre Dumas dans un divertissement à l'affiche aussi impressionnante que sa bêtise, le cinéma américain s'attardait déjà sur la figure du masque de fer dans un film de cape et d'épée attachant et relevé, porté par le créateur des plus beaux Universal Monsters.

Ultime aventure littéraire des Trois mousquetaires, Le Vicomte de Bragelonne est de coutume réduit à son ultime épisode évoquant une explication improbable, mais largement séduisante, du mystère de l'homme au masque de fer qui fut enfermé dans les geôles de la Bastille. Un personnage qu'Alexandre Dumas a rapproché, non sans malice, de la famille royale, imaginant clairement que derrière le métal froid se cachait le frère jumeau de Louis XIV ! Hautement évocateur et romanesque, comme souvent avec cet auteur, qui a tout autant émerveillé les américains que les français. Hollywood n'est pas avare d'adaptation de son œuvre, loin de là, et de l'épisode de L'Homme au masque de fer encore moins. Après une très populaire adaptation en 1929 avec l'extraordinaire Douglas Fairbanks, sous le titre The Iron Mask, voici donc la seconde mouture US, imaginée juste 10 ans plus tard, alors que les studios sont en pleine vague de grandes productions à costumes et de films de cape et d'épée. D'ailleurs, ce L'Homme au masque de fer garde quelques traces de son prédécesseur, avec une célébration céleste finale des mousquetaires très proche, mais pousse plus loin encore sa prise de distance avec l'œuvre originelle. Se recentrant sur l'opposition entre le bon et le mauvais jumeaux, avec bien entendu un happy end glorieux en derrière bobine, le film se rapprocherait plus d'une version fantasmée du roman, tout autant que sa vision de la France du XVIIe siècle et du rôle du l'aristocratie, naturellement tournée vers le peuple.

 

tous pour un


Du grand film de studio (même les poursuites sont tournées face à un écran qui défile) mais qui malgré ces petits arrangements préserve aisément le charme aventureux des grands divertissements de l'époque. Grace à casting d'excellente facture tout d'abord, avec quatre célèbres mousquetaires certes plus secondaires que d'habitude mais très proche déjà de la future roublardise des adaptations de Richard Lester (les meilleures !), l'excellente double prestation du charmant Louis Hayward (Le Pirate de Capri) et surtout la sensualité de la superbe Joan Bennett, future muse de Fritz Lang dans La Femme au portrait, La Rue rouge et Le Secret derrière la porte. A noter aussi pour les curieux, la première apparition, succincte, de Peter Cushing. Mais sans doute plus surprenant encore est la présence à la mise en scène du grand James Whale, maitre du fantastique qui nous a laissé les chef d'œuvre Frankenstein, La Fiancée de Frankenstein et L'Homme invisible. Ici plus discret qu'à l'accoutumé dans ses recherches esthétiques, il laisse tout de même apparaitre un soin évident sur l'excessivité des décors, un court passage du coté du sale des tortures des plus gothique et surtout un homme au masque de fer prisonnier de son trône qui n'est pas sans rappeler un Prométhée moderne. Quelques touches qui raviront les cinéphiles, qui d'ailleurs ne pourront que remarquer que le réalisateur était aussi un solide orchestrateur de séquence épique. La grande poursuite finale à cheval et charrette, enchainant sans cesse avec des combats à l'épée, est doté d'un rythme et d'un panache impressionnant, moderne. Pas étonnant que cette version de l'histoire de Dumas soit devenue le maitre étalon aux USA, source systématique des adaptations futures, que ce soit le téléfilm de Mike Newell en 1977, ou le boursouflé blockbuster de 1998 avec Leornardo DiCaprio et un défilé de grands acteurs mal utilisés. Revoyez l'original ça vaut mieux.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Pas vraiment un film oublié, mais pas un « classique » non plus, L'Homme au masque de fer n'a pas toujours eu les honneurs de copies vidéos particulièrement alléchantes. Rimini s'est donc efforcé ici de lui redonner un peu de brillant grâce à une restauration digitale explicité dans un court comparatif avant / après en bonus. La plupart des grosses traces, griffures et instabilités ont totalement disparues, efficacement gommées, tandis que les contrastes du noir et blanc ont été joliment rehaussées. Le film nous parvient donc avec un confort inédit et ce même si on peut regretter que le procédé ait quelque étouffé le grain de pellicule au passage.

 


Son :
Seul un simple petit mono anglais est disposé ici. Mais celui-ci a manifestement connu un rééquilibrage de circonstance tant le son nous parait étonnement clair pour une production de cet âge, sans saturations ou chuintement. Là encore, c'est très agréable.

Liste des bonus : La restauration (5').

 
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