COFFRET HOLLYWEED
Assassin of Youth, Blonde in Bondage, Maniac, Marihuana, Narcotic, Reefer Madness, Wild Weed, The Road to Ruin - Etats-Unis - 1933/1957
Image plateforme « DVD »
Image de « Coffret Hollyweed »
Musique : Divers
Image : 1.33 4/3
Son : Anglais mono
Sous-titre : Français
Durée : 530 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 25 avril 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Coffret Hollyweed »
portoflio
LE PITCH
Bienvenue à Hollyweed ! Le monde enfumé de la Drugsploitation vous ouvre ses portes. A travers 8 films découvrez ce genre underground du cinéma. Ne vous prenez pas au sérieux car, sous couvert d’éduquer la population contre les méfaits de la drogue, ces films tendent plutôt à satisfaire les esprits fripons… Et ça fait un tabac !
Partagez sur :
la drogue c'est mal !

Ne reculant devant aucun sacrifice pour venir sauver notre civilisation de l'effondrement moral, Bach Films toujours prêt à dégainer les grandes œuvres cinématographiques, les œuvres d'art fondatrices, regroupe huit chefs d'œuvre qui dénoncent le mal absolu en un seul et unique coffret indispensable : Hollyweed. Vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas...

Nous sommes à l'orée des années 30 et de l'expansion glorieuse du grand cinéma hollywoodien qui déjà commence à titiller les associations morales, religieuses et autres casse-pieds de service. Du coup, avant que ces groupes de pression ne réussissent à imposer une loi de censure, les grands studios se mettent d'accord sur une liste de règles de bonne conduite : Le code Heys. Fini donc la description des vrais bas-fonds de l‘Amérique, des portrait de femmes complexes, des légères séquences de nudités, du traitement de la sexualité, de la violence... Bienvenue dans une ère puritaine où tout continuera bien entendu à être évoqué, mais à demi-mot, en sous-entendu.
Enfin ça, c'est pour les grosses productions, car dans l'ombre guette quelques chalands mal intentionnés qui trouvent une petite astuce charmante pour explorer les interdits sur grands écrans, proposant des films pseudo-institutionnels, tout à fait recommandables donc, mais dans lesquels la dénonciation s'accompagne forcément d'images qui servent de témoignages. Et ils aiment témoigner. Dernier fléau en date dans les frontières de la belle Amérique, le cannabis et ses dérivés, qui resteront dépénalisés jusqu'au Marihuana Tax Act de 1937. Un combat d'état dont s'empare une belle bande de petits malins qui s'engouffrent dans la brèche et mettent en boite un défilé de films graves (totalement grave) décrivant par le menu la déchéance irrémédiable de différents jeunes gens, souvent bien de leur personne, qui ont eu le malheur d'accepter leur premier join. Les fous !

 

c'est de la bonne


De belles frimousses de bourge WASP qui vont s'avilir, se mettant à rire bêtement des heures durant, à danser comme des fous, se rouler des pelles à tout va, boire de l'alcool (bon ça encore...), à prendre des bains de minuit tout nus (oh mon dieu !) avant bien entendu de goûter à des drogues plus dangereuses encore, au gangstérisme, à la prostitution... Les femmes se transforment en créatures de petites vertues (si influençable le sexe faible) alors que les hommes abaissent la barrière du crime, futurs assassins et violeurs. Des œuvres ultra documentées, réalistes et surtout d'une subtilité effarante, au milieu desquels trône des opus comme le célèbre Reefer Madness, nanar culte totalement hystérique et presque honnêtement shooté par rapport aux autres péloches de bazars. Car bien entendu dans tout ça l'intérêt du spectateur de l'époque n'est pas de partager de grand moment avec le fiston pour qu'il murisse un peu (quoi que) mais bien pour reluquer les interdits : on s'y embrasse à pleine bouche, les demoiselles se lancent dans d'authentiques stripteases plein cadre, on se tripote de partout et surtout on fume comme des jamaïcains.
Du grand n'importe quoi à la limite de l'apologie de la débouche dont les longs textes d'introduction censés dédouaner la suite ne trompent plus personne aujourd'hui, mais on se questionne bien entendu : comment les instances gouvernementale (dépeint à chaque fois comme des héros des temps modernes) et les associations religieuses finançant une bonne partie de ces spectacles édifiants, ont pu se laisser berner ? Par contre question qualité cinématographique, il faudra repasser plus tard, car si le famous Reefer Madness, depuis remaké et transformé en comédie musicale, reste assez solide grâce à la présence de Louis J. Gasnier (ancien pilier de Pathé alors en pleine déchéance) derrière la caméra, les autres n'ont pas une once de velléités artistiques, souvent tournés à la va-vite et interprétés par des cast amateurs d'authentiques foncedés. Du cinéma de fête foraine, excessivement nul (le terrible Maniac est sans doute le pompon), pures produits d'exploitation, mais particulièrement réjouissants au second degré, une cigarette rigolote au coin du bec. Euh oups, non, non, la drogue c'est pas bien hein les jeunes...

Nathanaël Bouton-Drouard






Partagez sur :
 

Image :
Créations tournées n'importe comment, projetées dans les salles de province ou sous un chapiteau, les films proposés ici sont sans doute restés longtemps coincés sous un meuble dans le grenier ou dans le garage prenant le chaud, le froid, la pluie, la grèle, avant de tomber dans le néant des œuvres libres de droit. Inutile de préciser donc que personne ne va financer une restauration pour des bobines qui de doute façon ne le méritent pas. L'image est donc très très abimée, bourrée de griffures, traces, tâches, souffre de régulières instabilités et même de photogramme manquant. Bien entendu les contrastes sont à la rue et la précision aux alouettes. Mais hé derrière l'écran de fumée, pas sûr que cela se voit encore...

 


Son :
Pas mieux, loin de là, heureusement les sous-titres viennent souvent sauver des bandes sons d'époque perdues à la fois dans un souffle omniprésent, des sautes violentes et des effets lointains, voir inaudibles.

 


Interactivité :
Difficile de noter un tel coffret puisque l'intérêt ici n'est pas artistique, vous l'aviez compris, mais plutôt historique, voir curieux. Découvrir ces documents de Drugsploitation dont on ne cesse de se demander à quel point ils sont auto-parodiques et se moquent du système, est déjà un beau programme en soit. Peu importe la qualité des copies retrouvées, l'amour des zèderies et des films craignos ça ne s'explique pas toujours. Pourtant le journaliste spécialisé dans le cinéma d'exploitation, mais aussi dans les friponneries, Jean-Pierre Bouyxou s'y essaye ici à plusieurs reprises évoquant bien entendu le contexte de ce genre malgré lui, s'attardant sur quelques films en particulier (Assassin of Youth, Reefer Madness, The Road To Ruin) et même sur le coupable Dwain Esper, authentique forain qui récupéra les droit du chef d'œuvre Freaks et s'imagina devenir à son tour un créateur de film. L'ensemble de ses interventions dispatchées sur les quatre DVDs du coffret dépassent la bonne heure d'informations croustillantes.

Liste des bonus : Présentations des films par Jean-Pierre Bouyxou

 
Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009