THE BIRTH OF A NATION
Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « The Birth of a Nation »
Genre : Drame, Historique
Réalisateur : Nate Parker
Musique : Henry Jackman
Image : 2.35 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais, Français, Espagnol...
Sous-titre : Français, Anglais, allemand…
Durée : 120 minutes
Distributeur : Fox Pathé Europa
Date de sortie : 2 juin 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « The Birth of a Nation »
portoflio
site officiel
LE PITCH
1831, Virginie. Nat Turner est un enfant d’esclave cultivé qui, une fois adulte, va être utilisé par son maître comme prédicateur pour remettre dans le droit chemin les esclaves indisciplinés. Jusqu’à ce qu’il n’en puisse plus d’être le témoin des pires supplices subis par ses frères et décide de mener une révolte pour la liberté.
Partagez sur :
le corps et le fouet

Dans un pays qui a toujours autant de mal à se débarrasser des fantômes de son passé, il est toujours utile de voir surgir, de temps à autre, un film sur l'esclavage. Nate Parker, auteur et acteur noir, décide donc de mettre en scène une des périodes les plus sombres du peuple américain en se concentrant sur l'un de ses protagonistes historiques. Le projet d'une vie (la production dura plus de huit ans) qu'il met lui-même en scène en en tenant le rôle principal.

Même si Nat Turner a réellement existé, il y a fort à parier que nombre d'entre nous n'en ai jamais entendu parler. Fils d'esclave élevé, comme beaucoup d'autres à cette époque, sur les terres de riches propriétaires terriens du sud des Etats Unis, son histoire ressemble de prime abord à toutes celles maintes fois racontées dans les livres et sur les écrans. Si ce n'est que lui prendra la tête d'une insurrection qui débouchera sur un massacre puis sa capture et enfin sa pendaison. Une matière première idéale pour un auteur souhaitant mettre en scène une page de l'histoire du peuple noir sur le territoire américain.
Le film commence donc sur l'enfance de Turner et sur la perte de son père ; après une mauvaise rencontre avec des chasseurs d'esclaves celui-ci s'enfuit pour ne jamais revenir. Le petit Nat apprend donc à faire avec cette absence et se réfugie dans les livres. Des livres qui vont faire de lui un être exceptionnel dans ce contexte d'analphabétisme forcé et qui, liés à la religion, vont faire de lui un prêcheur dont ses maîtres se serviront pour mieux assujettir ses frères opprimés. Une position qui va faire de lui le spectateur privilégié de scènes de tortures insoutenables et le transformer en main vengeresse se battant pour la liberté. Dès lors, les anciens Maîtres, qu'ils soient cruels ou anciens compagnons d'enfance, ne seront plus que des cibles à tuer avec l'absence de pitié que requiert leur position mais aussi, et surtout, la couleur de leur peau.
Nate Parker, dans l'écriture de retranscription des faits, est on ne peut plus clair et précis. Mais sa volonté de coller absolument à l'Histoire donne au film un côté didactique que sa réalisation très académique, pour ne pas dire assez télévisuelle, vient clairement alourdir. Et ce sans parler des nombreux défauts inhérents bien souvent à la réalisation d'un premier long métrage.

 

black to school


Car les premiers défauts du film éclatent assez rapidement à l'écran. Ils commencent par le choix du jeune acteur (Tony Espinosa, dont c'est le premier rôle dans un film) qui incarne Nat Turner enfant, dont l'absence du moindre jeu dramatique pose d'emblée une distance totalement inappropriée au vu des exactions commises dans la vie de ce petit bonhomme. Il a beau perdre son père ou être menacé par un chasseur de nègres écumant de bave (Jackie Earle Haley, toujours prompt à jouer les méchants patibulaires comme dans Watchmen ou plus récemment dans la première saison de Preacher), il conserve en toutes circonstances une poker face qui aurait sûrement été utile dans Casino Royale, mais pas là.
Au-delà du jeu des comédiens (Nate Parker est en plus lui-même tout a fait crédible dans le rôle de Nat Taylor) vient ensuite l'écriture autour des personnages. Plusieurs fois, le film amorce un développement relationnel autour de plusieurs d'entre eux : le petit Nat et sa Maîtresse (qui le prend sous son aile pour lui enseigner la lecture de la Bible), les jeux de Nat et de Sam (qui deviendra le nouveau Maître de l'esclave une fois adulte)... Mais on comprend vite que tous ne sont ici que pour mettre encore une fois en relief les faits historiques sans jamais créer la moindre dramaturgie narrative. Un choix qui aura du coup un écho négatif dans la dernière demie heure du film, où la furie l'emportera enfin dans des scènes étonnamment gores mais où le spectateur ne se sentira jamais totalement concerné.
Même si l'on sait que son projet fut long et difficile à mettre sur pied et que certains choix sont surtout dû à un problème de budget (le casting, l'absence de plans coûteux), on aurait donc aimé moins de didactisme et plus de frissons. D'autant que, dans le genre, le film a de prestigieux ainés (La Couleur Pourpre, 12 Years a Slave...) qui doivent leur succès à cette dimension épique et à la volonté de s'affranchir du « vrai » et donc de l'historique pour mieux bâtir un récit autour de leurs personnages et emporter le spectateur.

Un cas d'école donc, que l'on mettra sur le compte d'un manque d'expérience dans la réalisation. Mais il est impossible de ne pas considérer l'honnêteté de l'entreprise et la volonté de rendre hommage à un homme qui donna sa vie pour la liberté au travers du titre The Birth of a Nation qui renvoie directement au film de D.W. Griffiths encore considéré aujourd'hui comme l'un des plus racistes jamais réalisé.

Laurent Valentin














Partagez sur :
 

Image :
Le support bluray impose une nouvelle fois une image parfaite, sans aucun grain, qui prend toute sa dimension dans des scènes de nuit aux noirs profonds et dans des scènes diurnes aux nombreux contrastes et où les profondeurs de champ sont mises en valeur.

 


Son :
Une piste DTS-HD Master Audio 5.1 qui se montre souvent discrète mais sait se réveiller, dans la dernière partie du film, dans un déluge de bruit et de fureur qui utilise au mieux les basses chaudes et les effets mettant à profit chaque enceinte de l'installation.

 


Interactivité :
Un festival de contenus riches et très intéressants ; on y trouve le documentaire #AmeriCan, première réalisation de Nate Parker (le C majuscule est en rapport avec le fameux slogan de Barack Obama dont le réalisateur est un fervent partisan) ainsi que plusieurs autres bonus en rapport avec le racisme (dont un documentaire signé National Geographic) jusqu'à un making of qui revient sur les difficultés rencontrées à l'élaboration du projet et qui fait le lien, encore, avec la lutte contre le racisme et l'élection d'Obama.
Un contenu franchement très complet qui est une extension idéale à l'univers du film, des valeurs qu'il prône et de la lutte permanente de son auteur.

Liste des bonus : #AmeriCan ; Un Poème Contre le Racisme ; Nate Parker à Sundance ; Du Script à l'Image ; Sur les Traces de Nate Turner ; The Birth of a Nation, le Making of ; scènes coupées ; galerie photos.

 
Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009