L’EMPEREUR DU NORD
Emperor of the North Pole - Etats-Unis - 1973
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Image de « L’Empereur du Nord »
Genre : Aventure
Réalisateur : Robert Aldrich
Musique : Frank De Vol
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titre : Français
Durée : 120 minutes
Distributeur : Wild Side
Date de sortie : 7 juin 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Empereur du Nord »
portoflio
LE PITCH
Pendant la Grande Dépression des années 30 aux Etats-Unis, beaucoup de vagabonds voyageaient clandestinement sur les trains de marchandises, pourchassés par les chefs de convoi. Shack, l’un de ces derniers, fait en sorte qu’aucun clandestin ne fréquente son convoi. Un homme, dit « numéro 1 », lui lance un défi…
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The king of the hill

Retrouvailles attendues entre les trois larrons du carton cash Les Douze Salopards, L'Empereur du Nord tourne plus volontier à la farce burlesque. Lee Marvin et Ernest Borgnine habitent l'écran, mais le grand Aldrich se contente de signer un opus sympathique.

Sympathique ? Comme toujours avec les metteurs en scène de la trempe d'Aldrich, cela reste toujours plus excitant et personnel que la plupart des films de studios de ses contemporains. Car si le cinéaste a toujours fait preuve d'une indépendance farouche, voir d'une certaine grande gueule, la quasi-intégralité de ses films, et même les meilleurs, ont été conçus au sein du système hollywoodien. L'Empereur du Nord n'y échappe pas, et faillit même être réalisé par d'autres (dont un certain Sam Peckinpah) avant que tout cela ne finisse dans ses bras. Un pitch assez rocambolesque, inspiré des romans très arrangés de Leon Livingston, authentique vagabond des années 30. L'ère de la grande dépression aux USA, où de nombreux laissé-pour-compte partaient sur la route, un simple balluchon sur l'épaule, dans l'espoir de trouver un peu de boulot en chemin, usant des trains de marchandises comme moyen de transport non conventionnés. Le script de Christopher Knopf (A des millions de kilomètre de la terre, La Brigade du Texas) imagine ainsi la naissance de deux héros révélateurs de ces enjeux : celui qu'on appelle Numéro 1 d'un coté, hobo charismatique, et Shack de l'autre, chef de convoi particulièrement violent.

 

grosse machine


Un affrontement entre les deux camps, que le progressiste Robert Aldrich (L'Ultimatum des trois mercenaires) transforme en grande métaphore du combat d'un esprit libertaire contre l'ordre établi. Avec au milieu l'ajout d'un jeune homme, suiveur / branleur, grande gueule finalement opportuniste, dans lequel on pourrait voir une évocation du regard porté par le metteur en scène sur les gamins de l'époque. Une approche personnelle et donc intéressante, qui donne assez fièrement un peu de gras à une trame relativement succincte qui finalement ne repose que sur une légère montée en puissance entre les sales coups que ce font les trognes incarnées par les inoubliables Lee Marvin, sobre et droit, et Ernest Borgnine, rugissant et grimaçant. Un duo de grands acteurs, temporisés par un tout jeune Keith Carradine (Duellistes), auxquels Adlrich offre une arène des plus réalistes (costumes, détails de la vie du rail...) mais avec une tonalité outrancière. Presqu'un cartoon, L'Empereur du nord cultive l'ironie de son titre, se moque des figures d'autorité (les flics, l'ordre évangéliste), s'amuse de cette opposition ubuesque mais la pousse à son paroxysme jusqu'à un corps à corps à coup de planches, de chaines, de marteau et même de hache ! Un film de « vrais mecs » qui porte sans détours la signature de Robert Aldrich tout autant que son indiscutable savoir-faire, avec sa mise en scène carrée, son montage percutant et ce sens du grand spectacle : l'intégralité de L'Empereur du Nord a bel et bien été shooté sur une véritable locomotive en mouvement. Couillu donc.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Comme de nombreux films atypiques qui nous parviennent ces derniers temps sur le marché français (voir le Moby Dick de John Huston chez un autre éditeur), ces restaurations ultra luxueuses de films qui n'ont pas forcément la force de frappe d'anciens blockbusters nous parviennent des éditions Twilight Time aux USA, spécialiste des galettes limitées à 3000 exemplaires. Plus simple pour nous donc de profiter de ce travail exemplaire grâce à Wild Side Video qui propose la même et superbe copie restaurée avec finesse, préservant la classe argentique et le grain de la pellicule, affirmant une profondeur inédite, un piqué impressionnant et une colorimétrie équilibrée. Un scan 4k qui envoie du lourd, mais qui ne peut pas tout sauver non plus : les noirs glissent parfois vers un gris moins ferme et surtout la longue séquence dans la brume, malmène violement la compression et fait apparaitre un grain neigeux et un lissage un peu dur.

 


Son :
Le doublage français, d'époque et donc affirmé avec caractère, nous revient dans une version restaurée de très bonne facture, même si forcément les différentes strates peuvent sembler parfois un peu écrasées. Dans un même DTS HD Master Audio 2.0 la version originale est bien plus vibrante, naturelle, et tout aussi claire.

 


Interactivité :
Supplément inédit produit pour l'hexagone, la rencontre avec le scénariste Christopher Knopf est le seul bonus vidéo de l'édition. Mais heureusement il s'avère très sympathique car même si l'on peut ne pas toujours être aussi emballé que ce dernier (il voit des films cultes partout), le bonhomme n'est pas avare en anecdotes, évoquant quelques anciens travaux (dont sa collaboration avec Ray Harryhausen) puis glissant sur les différentes moutures du film en présence. L'occasion d'ailleurs de s'amuser du comportement autoritaire d'Aldrich ou de regretter quelques changements dans le récit.
Faisant partie de la jolie collection de Wild Side Video composée de pack-livre, L'Empereur du Nord est lui aussi agrémenté de son livre d'un peu moins de cents pages. Photos de productions ou de tournages viennent habiller un texte confié à Doug Headline. L'ancien de chez Starfix n'a absolument rien perdu de sa plume et retrace la gestation et les origines du projet avec talent et complète le tout avec les portraits des deux stars et du cinéaste.

Liste des bonus : Un livre écrit par Doug Headline et illustré de photos d'archives rares (86 pages), « L'art de survivre » : entretien avec Christopher Knopf (30').

 
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