SAUSAGE PARTY: LA VIE PRIVéE DES ALIMENTS
Sausage Party - Etats-Unis - 2016
Image plateforme « Blu-Ray »
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Réalisateur : Conrad Vernon, Greg Tiernan
Image : 1.85 16/9
Son : DTS-HD Master Audio 5.1 Anglais, français, italien...
Sous-titre : Français, anglais, allemand...
Durée : 89 minutes
Distributeur : Sony
Date de sortie : 5 avril 2017
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « Sausage Party: La Vie privée des aliments »
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site officiel
LE PITCH
Veille du 4 juillet, dans un supermarché. Franck la saucisse en pince pour un petit pain à hot-dog. Leur rêve ? Se faire acheter afin d’accéder à un monde meilleur. Mais la vérité est tout autre. Et l’heure de la révolution a sonné !
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Il existe une case à part dans la section « cinéma d'animation ». Une bulle hardcore, prohibée et mauvais esprit. Les puristes se souviendront avec émoi du Fritz the Cat de Ralph Bakshi, adaptation ciné du comics culte de Robert Crumb. Soit les aventures rocambolesques d'un chat obsédé sexuel dans le New York underground du début des 70's. Pur rejeton de la contre-culture, ce cartoon d'un genre nouveau fut à l'époque classé X. Un sort réservé, plus de quarante ans après, à une œuvre qui semble s'inscrire logiquement dans la lignée : le susnommé Sausage Party. Une ode à la débauche généralisée doublée d'une virulente dénonciation de la société de consommation, affublée d'un R-Restricted outre-Atlantique et d'une interdiction aux moins de 12 ans en France.

A l'écriture de ce jeu de massacre éminemment subversif, nous trouvons deux branquignoles déjà connus des services de police : Seth Rogen et Jonah Hill, fringants hérauts de la nouvelle comédie ricaine, révélés chez le prolifique Judd Apatow. Sausage Party est fidèle à leur image de branleurs sans respect, trash et irrévérencieux. Partout, on retrouve leur patte ; cet art de la déconne foutraque. La trame vaut son pesant de knacki balls : une fringante saucisse cocktail cherche a pécho un p'tit bun aux miches glamour et au fessier plus qu'hospitalier. Idéaliste et aventureuse, la charcutaille rêve également du grand frisson, persuadée que le nirvana existe une fois franchis les portiques de l'hypermarché qui les tient tous prisonniers.

 

nique & croque


D'une effronterie certifiée et d'une fluidité technique à couper le souffle, Sausage Party mitraille sec avec une gouaille qui file la banane (voire la trique, vu l'ambiance). Ça vanne, ça gaze, ça parle carrément mal. C'est très cul, extrêmement sale. Mais aussi très, très marrant. On appréciera tout particulièrement la douche vaginale véner' et maléfique campant un méchant d'anthologie, la mise à mort particulièrement gore de fruits et légumes innocents ou le duo explosif formé par un bagel juif et une pita musulmane passant la plupart de leur temps à se mettre sur la gueule, pour finalement se mettre tout court lors d'une ineffable et gargantuesque séance de partouze générale. Avec son air de se foutre de tout, Sausage Party dénonce pas mal de travers de nos sociétés contemporaines : la surconsommation maladive, le capitalisme à outrance, le racisme, les dérives alimentaires, les addictions, le sexisme, le terrorisme, le conflit israélo-palestinien ou l'uniformisation quasi-robotique des modes de vie. Les aliments du film évoquent des moutons sans cervelle, denrées superficielles et éphémères croyant dur comme fer aux paroles de divinités auto-proclamées, à savoir trois produits impérissables détenteurs du don d'immortalité. Et la fuite d'une poignée d'aliments renégats, menés avec vaillance par Franck la saucisse, réserve son lot de surprises : on évolue dans les excréments, on piétine des capotes usagées, on se shoote aux sels de bain, on fornique ardemment. Bref, c'est un bon gros bordel. Et le pire, c'est qu'on en redemande.

 

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Corrosif, mal élevé, jamais vu, Sausage Party est un pur manifeste geek qui compacte tout un tas de références culturelles : Les studios Disney sont constamment cités (ou pris pour cible, c'est selon), une violente séquence au ralenti fait clairement écho aux premières minutes d'Il Faut Sauver le Soldat Ryan, un personnage de chewing-gum paraplégique à l'intelligence supérieure est un hommage déguisé à l'astrophysicien Stephen Hawking et tous les protagonistes se dandinent allégrement au rythme des tubes kitchos « I'd do Anything for Love » de Meat Loaf et « Wake me Up » de Wham. En authentiques maîtres de cérémonie, Rogen et Hill, en plus de prêter leurs voix à deux personnages leaders, ont tapé dans leur carnet d'adresses pour réquisitionner la crème de la crème des comiques et acteurs US : dans le rôle du petit pain à hot-dogs girond et sexy, on trouve l'irrésistible Kristen Wiig (Mes Meilleures Amies, Her) et dans celui de la pita ultra-machiste, monsieur Edward Norton s'iouplait. Nous décomptons aussi James Franco en junkie défoncé, Salma Hayek alias Teresa la taco lesbienne caliente ou encore Paul « Antman » Rudd, autre rescapé de l'écurie Apatow. La fine équipe se met intégralement au service d'une odyssée alimentaire qui, sous des abords potaches, est en réalité beaucoup plus finaude qu'elle en a l'air. Le blasphème y règne en maître et le film gravit les échelons de la démesure pour devenir un brûlot tirant à boulets rouges sur toutes les formes d'idéologies, qu'elles soient religieuses, politiques ou sociétales. Parole, ce gang-bang animé est à consommer sans modération, même au-delà de la date de péremption.

Gabriel Repettati
















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Image :
Techniquement parlant, le Blu-ray de Sony Pictures est une merveille. Les réalisateurs disent avoir voulu donner vie à « un Pixar pour adultes ». Un pari gagnant. L'image encodée en 1080 se révèle d'une précision démoniaque. Les piqués, les contrastes, les couleurs... Le résultat est faramineux. Rien à redire. C'est du tout bon.

 


Son :
Côté audio, l'éditeur nous propose une VO aux doublages de très grande classe (Seth Rogen, Kristen Wiig, Paul Rudd, James Franco, Salma Hayek, Edward Norton, Jonah Hill, Michael Cera, Bill Hader, Danny McBride...) en DTS-HD Master Audio 5.1. On applaudira la puissance du mixage sonore, qui prend tout son envol lors de la colossale séquence finale : une partouze générale proprement ahurissante. La version française est proposée dans un mixage DTS-HD Master Audio 5.1, à la fois propre et spectaculaire. Notons que la VF est notamment assurée par Cyril Hanouna, pour un rendu général un poil en-deçà de la piste américaine.

 


Interactivité :
L'édition de Sausage Party est une exclusivité FNAC riche en matières grasses. Du côté des suppléments, en plus de sempiternelles bandes-annonces, Sony nous fait découvrir l'envers du décor avec une featurette qui se penche sur les origines du film : on y apprend que Seth Rogen et Evan Goldberg (le troisième scénariste) ont pas mal galéré pour dénicher un producteur suffisamment cramé pour les suivre dans leur folie. On poursuit avec un bêtisier assez fun, accompagné de l'habituel « Line-O-Rama », soit la compil' des prises alternatives. Un autre item s'intéresse à l'enregistrement des dialogues par les acteurs ; de joyeux lurons fans d'impro. Quelques minutes sont consacrées à la musique, tandis que dans une nouvelle featurette issue de MTV, Rogen et Goldberg nous livrent leurs secrets pour bien « vendre » un film. Last but not least, un dernier item n'est autre qu'un hilarant teaser de Sausage Party, par Seth Rogen, en mode vintage.

Liste des bonus : « Bêtisier culinaire », « making of : le choc, comment a-t-on réussi ? », « l'atelier », « le meilleur des scènes comiques », « le grand Au-Delà », « l'Argumentaire »,« l'imaginatorium d'animation de Seth Rogen », bandes-annonces.

 
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