L’AU-DELà
...E tu vivrai nel terrore! L'aldilà - Italie - 1981
Image plateforme « Blu-Ray »
Image de « L’Au-delà »
Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Musique : Fabio Frizzi
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et français 2.0 mono
Sous-titre : Français
Durée : 87 minutes
Distributeur : Artus Films
Date de sortie : 4 septembre 2018
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
Jaquette de « L’Au-delà »
portoflio
site officiel
LE PITCH
La Nouvelle-Orléans en 1927, le peintre Schweick se fait lyncher, dans un hôtel, par la population, pour avoir peint une fresque représentant l’Enfer. Quelques cinquante ans plus tard, Liza Merril hérite de cet hôtel et entreprend de le rénover. Mais, très vite, des événements tragiques succèdent les uns aux autres, et les ouvriers meurent dans des circonstances mystérieuses. Puis, Liza fait la connaissance d’Emily, une jeune aveugle, qui la met en garde contre ce lieu maudit : l...
Partagez sur :
Une fenêtre sur l'âme

Considéré à très juste titre comme le sommet du cinéma de Lucio Fulci, le terrifiant L'Au-delà en a pas fini de fasciner les adeptes de sensations fortes, mais aussi les amateurs d'un cinéma sans limite, entrainant ici le spectateur dans un film-monde à la beauté macabre perturbante.

Pourtant comme souvent dans la carrière de Fulci, le projet ne commençait pas sous les meilleurs auspices, simple œuvre de commande imaginée vaguement par le producteur Fabrizio De Angelis qui se voit bien continuer à surfer sur les succès des précédentes L'Enfer des zombies et Frayeurs. Un titre bien trouvé, un grand nom de la mise en scène accolé sur une affiche servant à pré-vendre l'objet aux distributeurs étrangers, un scénario de malédiction vite emballé et totalement lacunaire plus loin, L'Au-delà va pourtant éclore tel une sublime oraison funèbre. Et ce bien entendu grâce à un Lucio Fulci qui, comme pour le rip off du chef d'œuvre de George Romero, embrasse littéralement le projet, l'embarque dans le décor étouffant et putride de la Louisiane, et surtout le nourrit constamment de ses propres états d'âmes désespérés et mortifères. Rarement ce dernier aura profité d'une telle liberté et cela se sent, tant et si bien que la constitution narrative totalement déstructurée devient l'une des plus belles qualité d'un film d'épouvante qui ne va avoir de cesse de perturber les perceptions de ses témoins, intra et extra diégétiques.

 

sceau infernal


Apparitions, disparitions, réalité qui s'effrite avec une même déliquescence que des corps hésitants entre la poussière suffocante et la chair dégoulinante... Parsemé de visions gothiques absolument époustouflantes (l'hôtel et ses occupants immortels qui apparaissent aux fenêtres), de délires gores définitivement gerbants (chapeau bas au spécialiste Giannetto De Rossi de Pulsion Cannibales), d'idées génialement absurdes (la mare de sang prédatrice) et d'échappées oniriques d'une poésie subjuguante, L'Au-delà est exactement ce que Fulci voulait atteindre, soit un « cinéma total », moins porté par son histoire que par les sensations, douloureuses et inquiétantes, orchestrées par son metteur en scène. Son utilisation sadique du montage entrechoquant les mondes et les perceptions, ses plans oscillant entre le baroque chargé de la culture locale et des tableaux à l'épure virtuose, l'omniprésence des mélodies infernales composées par le compère Fabio Frizzi tout juste éclipsé par des bruitages dissonants ou grotesques... Et ce bien entendu jusqu'à un final apocalyptique où toute forme de sens cartésien a définitivement disparu, enterré sous les corps décharnés. Fulci avouait viser le chaos du Inferno de Dario Argento, il parait évident qu'il en dépasse l'esbroufe, rejoignant directement un plus modeste mais inoubliable Le Carnaval des âmes de Herk Harvey, autre œuvre définitivement hantée par une mort omniprésente.

Film cauchemar par excellence et œuvre somme de son auteur, il suinte de ce pouvoir hypnotique provoquant ce que les fans de bis italien reconnaissent comme le Syndrome de Stendhal : L'Au-delà est de ces films où l'on se perd, jamais vraiment sûr de s'en échapper indemne.

Nathanaël Bouton-Drouard








Partagez sur :
 

Image :
Artus poursuit sa collection dédiée à Lucio Fulci avec une nouvelle très belle copie. Un nouveau scan 2K pour un métrage qui a déjà connu quelques péripéties aux USA ou en Angleterre, et qui semble d'ailleurs laisser la plupart des défauts des précédentes restaurations derrières lui. Certes la copie source est loin d'être parfaite avec son grain inégal et ses noirs fluctuants, mais on ne trouve plus ici de conséquence visible de l'utilisation abusive du réducteur de bruit. Assez homogène dans son ensemble, le master est assez remarquable pour son piqué, souvent impressionnant pour une production capturée sur de la pellicule peu coûteuse, et surtout les couleurs, enfin entièrement ravivéee, ne font que révéler plan après plan toute la richesse de la photographie initiale.

 


Son :
Là où l'on peut trouver chez les concurrents étrangers des pistes restaurées DTS HD Master Audio rutilantes, il faut se contenter ici de monos plus secs et directs ici, autant pour la version italienne (la meilleure) que la version française (pas si mal). Le son est propre et efficace, mais il manque tout de même un soupçon de légèreté pour un support HD. A noter que comme pour L'Enfer des zombies, le doublage international (anglais) est absent.

 


Interactivité :
Toujours aussi élégant le packaging reprend bien entendu le style et la structure du précédent L'Enfer des zombies avec son digipack / livre comprenant le disque Bluray, son homologue DVD et 80 pages concoctées par l'équipe de luciofulci.fr. De très intéressantes analyses qui abordent les coulisses du films, mais aussi ses liens thématiques avec son œuvre testament, l'inédit La porte del silenzio, tout en dérivant pour un bon tiers sur les films de genre qui ont opté pour le décorum si élégant de La Nouvelle Orléans. Le journaliste Lionel Grenier enchaine ensuite directement dans les suppléments vidéos avec une présentation complète du métrage, brassant ses références et tentant d'élucider le mystère de sa réussite. Les items suivant sont les très attendues interviews de quelques membres du casting, soit Cinzia Monreale, Michele Mirabella (intarissable) et la francophile Catriona MacColl, chacun délivrant quelques anecdotes de tournage et ne tarissant jamais d'éloges pour un cinéaste certes adepte des colères sur le plateau, mais aussi chaleureux, drôle... et avant tout incroyablement doué.

Liste des bonus : Livre de 80 pages rédigé par un collectif et supervisé par Lionel Grenier (luciofulci.fr) : « La Louisiane, territoire des morts », Au-delà du gore, par Lionel Grenier, Les yeux d'Emily, entretien avec Cinzia Monreale, Arachnophobie, entretien avec Michele Mirabella, Entretien avec Catriona MacColl, Prologue en couleur, Prologue en noir et blanc, Films-annonces originaux.

 
Crédits - Publicité - Nous contacter
Copyright Frenetic Arts 2009-2018