COFFRET RICHARD J. THOMSON
Jurassic Trash / Time Demon / Time Demon II - France - 1996/1998/2000
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Réalisateur : Richard J. Thomson
Musique : Richard J. Thomson
Image : 1.33 4/3
Son : Français stéréo
Sous-titre : Aucun
Durée : 320 minutes
Distributeur : Bach Films
Date de sortie : 3 janvier 2011
Artistique : note
Technique : note
Interactivité : note
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LE PITCH
Jurassic Trash : Un savant fou travaille à un croisement entre Humains et dinosaures. Mais des créatures s'échapperont de son labo, semant la panique dans les environs. Un camp de nudistes est décimé tandis qu'une troupe de scouts intégristes, voyant la main du Démon, partira en croisades… Time Demon : Hitler, qui n'est pas mort à la fin de la Deuxième Guerre Mondiale, projette d'envahir à nouveau le monde grâce à une machine à remonter le temps. Celle-ci lui permet de partir à ...
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Pour l'amour du Bis

Si le nom du Frenchie Richard J. Thomson ne vous dit rien, tout comme les titres Roboflash Warrior ou Night of Vampyrmania... c'est tout à fait normal. Voilà des années déjà que cet auteur frondeur construit (à son grand désarroi ?) ses œuvres dans son coin, sans moyens de les présenter au grand public. On imagine sa joie devant le présent coffret.

Réalisateur productif d'un peu moins d'une dizaine de longs-métrages, Richard J. Thomson n'a jamais connu de distribution de ses films, que ce soit dans les salles ou même en vidéo, si l'on excepte quelques VHS à tirage limité aperçues dans quelques boutiques isolées au milieu des nineties. Grâce aux photos publiées des années durant dans les revues spécialisées (Mad Movies en tête), nombre d'amateurs de série B et Z ont pu fantasmer sur quelques donzelles en cuir armées de mitraillettes, des nazis ringards grimaçant ou encore sur une pauvre gueule de dinosaure se nourrissant d'Elodie Chérie en personne (ex-star du X). Des apparitions d'autant plus remarquées que Thomson savait jouer sur le buzz que pouvait provoquer l'apparition au générique d'actrices de porno, jouant les bimbos forcément peu farouches entre deux effets bien gores. Il était donc temps qu'un éditeur s'intéresse à cette œuvre aussi branque que passionnée, en regroupant les trois titres les plus célèbres : les deux Time Demon et Jurassic Trash (autrefois appelé Terror of Prehistoric Bloody Creatures from Space). Financés en partie et soutenus par Jean-Pierre Putters (créateur de Mad Movies), les trois films ont été concoctés avec les moyens du bord, obligeant même le réal à utiliser deux magnétoscopes en guise de banc de montage. Ces objets filmiques étranges reposaient donc essentiellement sur la bonne volonté d'équipes semi-pro ou débutantes, rivalisant d'inventivité pour donner du rythme et une certaine tenue à des scénarios parodiques volontairement crétins. Rendant hommage à Jack Burton dans les griffes du mandarin et aux premiers James Cameron (même si pour le coup cela ressemble plus aux nombreux copies made in Italie), les Time Demon fournissent ainsi au milieu de nombreux dialogues assez fendards et de situations branquignoles de vraies séquences d'action, de baston ou des poursuites en motos, ainsi que quelques fusillades à coups de pétards.

 

"a votre bon coeur"


Impossible d'apprécier les films en les comparant avec des productions classiques, mais force est de constater qu'en dépit du jeu très aléatoire des acteurs et de la pauvreté évidente du budget, Thomson laisse apparaître une vraie identité, comme une sorte d'Ed Wood moderne dont le talent semble pour le coup réel, mais bridé. A ce titre, c'est clairement Jurassic Trash qui réussit le mieux son pari en fournissant un hommage délirant aux films d'exploitation des 50's avec leurs bestioles crétines et leurs donzelles qui hurlent à chaque occasion. Bouzeux caricaturaux, scout extrémiste fan de DeVillier, savant fou en pleine crise d'adolescence, clown raté et shyzo qui a tendance à jouer de la gâchette... Ce pur et grand n'importe-quoi sait faire mouche autant par son humour poussif que par l'apparence ridicule (entre le carton-pâte et la chaussette verdâtre) d'un pauvre dinosaure dont les beuglements deviendraient presque touchants. Le summum étant atteint lorsque pour se débarrasser de cette menace venue d'un autre âge (ou de l'espace, on ne sait plus) apparaît le « chanteur » Edouardo Pisani (« je t'aime le lundi... »), venant pousser la chansonnette pour hypnotiser la bête. Consternant, mais irrésistible. Inutile de préciser que là-dedans, les performances autant croupières qu'amusées de Coralie Trinh Thi (qui a depuis réalisé Baise-Moi) et sa camarade Elodie Chérie nourrissent quelques jolis moments de délire absolu, renvoyant non sans grâce aux nudies d'antan. Un box à déguster au 27eme degré en somme, mais qui motive sérieusement les cinéphages pour espérer jeter un coup d'œil sur le récent Bloody Flower, thriller sexy mais sérieux, qui lui aussi semble bien condamné à rester quelque temps dans des cartons poussiéreux.

Nathanaël Bouton-Drouard






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Image :
Le tournage en vidéo à l'ancienne ne permet forcément pas d'obtenir sur DVD des masters de grandes qualité. Time Demon et Jurassic Trash affichent régulièrement quelques perditions dignes des visionnages sur magnétoscopes, avec des couleurs qui jouent les fuyantes. Beaucoup de grain, une colorimétrie qui manque de pèche, mais tout cela s'améliore légèrement sur un Time Demon II plus stable. Ces scories n'empêchent pas l'éditeur de s'efforcer de produire une compression bien tenue.

 

Son :
Tout comme l'image, les pistes sonores d'origine souffrent des mêmes sources pauvrettes avec un mono pas toujours très audible pour les deux premiers films. Effets distants, dialogues quelque-peu étouffés, musique synthétique trop agressive. Une fois encore Time Demon II s'en sort beaucoup mieux avec un mixage largement plus équilibré... sans doute grâce à l'avancée des technologies à domicile au début des années 2000.

 

Interactivité :
Bach Films ne fait pas les choses à moitié et rassemble les trois films de Richard J. Thomson dans un coffret cartonné digne des plus grands. Outre donc les trois galettes contenant chacun un « chef-d'œuvre » du bonhomme, accompagné systématiquement d'une introduction lucide et tendre du réalisateur, le boîtier contient un quatrième disque entièrement dédié aux bonus. Un programme conséquent qui contient quelques images d'archives comme Le bonus dans le bonus du film du film, qui réutilise quelques images d'un sujet tourné par James la Mygale sur les prestations rigolardes de JP Putters, Lemaire et Dolly Golden dans une séquence de torture parodique franchement réussie (accompagné de petites interviews plus récentes), ou une poignée d'extraits de la filmographie Thomson. Mais les réjouissances ne s'arrêtent pas là puisque l'éditeur se fend d'un long documentaire sur le tournage des longs-métrages, les différentes méthodes McGyver de l'équipe, la participation des guests, mais a aussi l'intelligence d'étendre le propos sur les difficultés insurmontables rencontrées par les auteurs de Z à la française pour faire vivre leurs œuvres. Putters (encore), Lemaire, le journaliste de Mad Movies Rurik Sallé (t'es trop bavard Rurik !), Coralie Trinh Thi, Fabrice Lambot (réalisateur de Dying God), J.M. Vincent (réalisateur de Lady Blood) saluent tous l'énergie indéniable de Thomson et l'espoir qu'il a donné à nombre de jeunes réalisateur tout en soulignant l'impossibilité de voir ce genre de film projeté sur grand écran dans un paysage cinématographique aussi frileux que le nôtre. Un peu longuet par moments, mais toujours touchant, le document permet aussi, forcément, de comprendre les méthodes de travail du vidéaste, tout comme les deux documentaires suivants (consacrés à la musique et à de petits souvenirs de tournages supplémentaires). Tout cela rend cette sortie évènementielle plus précieuse encore.

 

Liste des bonus : Présentation des films par le réalisateur, ''En dehors des clous : le cinéma du système D''(54'), ''Terror of bloody musiques de films of the dead'' (6'), ''Souvenirs de tournage'' (11'), ''RJ Thomson : filmographie'' (2'), ''Le bonus dans le bonus du film dans le films » (17'), Bandes-annonces

 
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