Les aventures du Professeur Layton auront véritablement changé définitivement le visage du catalogue Nintendo, désormais bourré d'ersatz pas toujours des plus imaginatifs. Heureusement, avec un petit pas de côté bien senti, Rhytm Thief mène la danse de la concurrence.
Comment profiter du succès et de l'engouement autour de la création de Level 5 sans avoir trop l'air de copier le concept ? Voici la question qu'ont dû se poser les producteurs de Sega, qui n'hésitent pas ici à jouer sur la même corde sensible que leur modèle. Habillé par des séquences d'animation nombreuses et particulièrement chiadées, Rhythm Thief renoue ainsi avec l'exotisme (pour les nippons s'entend) de la vieille Europe, et en particulier ici d'un Paris qui hésite avec fraîcheur entre une vision de carte postale et une reconstitution plus fidèle dans la sobre reconstitution des rues, des bâtiments, mais aussi dans l'étrange modernité des véhicules et des costumes de policiers. Le jeu est une fantaisie aux sonorités très jazzy, mais tente manifestement de donner corps à la culture hexagonale, même si les vrais français reconnaîtront que l'on a rarement vu parisiens aussi patients et joviaux. En tout cas, se balader avec le jeune Raphaël sur les traces d'un étrange trésor historique et magique rappelle constamment les aventures du détective au chapeau haut-de-forme, puisque si le chemin est relativement balisé, les surprises viennent toujours des passants. Chaque mini-zone (écrans genre point & click) contient quelques personnes bien avisées qui donneront accès par le dialogues à de nouvelles épreuves et nouveaux indices, tandis que le décor dissimulera quelques pièces supplémentaires (à échanger en boutique contre des bonus) et des bruitages à enregistrer permettant par la suite d'ouvrir de nouveaus passages.
Pas de réflexion poussée ici, l'intelligence n'étant pas l'outil préféré de ce petit Robin des bois en herbe, mais plutôt le sens de la danse et du rythme. Chaque énigme repose ainsi sur une bonne oreille pour reconnaître les différences de notes, une porte s'ouvre en reproduisant à la perfection les mélodies tandis qu'un combat devient une danse endiablée. Les développeurs ont fait un véritable effort d'ailleurs pour renouveler un dispositif normalement redondant, jouant autant avec le stylet et les capteurs gyroscopiques qu'avec les simples touches, empruntant autant aux jeux de danse modernes (les chorégraphies sont très inspirées d'un certains Michael Jackson) qu'aux préceptes de la plateforme ou aux mini-jeux de type Wario Ware, avec toujours une précision des plus convaincantes. Relevé et divertissant, Rhythm Thief n'oublie pas de rester accessible au plus grand nombre, laissant une marge de manœuvre assez leste pour pouvoir poursuivre l'aventure sans Game Over. Les petits joueurs se satisferont d'un pauvre D, tandis que les plus doués (ou accros) pourront refaire les épreuves à l'envi pour décrocher des A bien plus satisfaisants. Plutôt bien calibré, assez riche pour occuper de nombreuses heures pour peu qu'on s'amuse à défier des amis en local, le petit jeu de Sega ne pèche finalement que par cette sensation de déjà vu (de nombreux emprunts au Lupin de Miyasaki au passage) qui ne lâche jamais le joueur tout du long. Il n'en reste pas moins le descendant le plus attachant du Professeur Layton et c'est déjà beaucoup.










