Annoncé en même temps que Resident Evil Revelations, Operation Racoon City était le moyen pour Capcom de réchauffer les fans de la série sur consoles de salon avant un 6ème épisode officiel qui s'annonce dantesque. Attention, la piqûre de rappel risque de laisser un vilain hématome sur le postérieur.
Si l'on repense au mode mercenaires devenu de plus en plus fréquent au fil de la série, jusqu'à un Mercenaries en 3D totalement vide, si l'on pense également aux spin-off jouant de plus en plus la carte de la relecture (voire les jeux de tir sur rails comme The Darkside Chronicles), on peut dire en effet que l'idée d'un Operation Racoon City flottait dans l'air depuis belle lurette. Une idée qui germait peu à peu dans l'esprit des producteurs de Capcom mais qui finit pourtant dans le giron du studio canadien Slant Six Games, responsable jusqu'ici de très oubliables épisodes du TPS tactique Socom. Un manque de savoir-faire, de fignolage, de soin, voire même de réflexion en amont que l'on retrouve dans toute sa splendeur ici, le titre se présentant comme un vulgaire produit dérivé qui ne partage que de rares clichés avec la saga initiale. Des guests il y en a, mais toujours expédiés en quatrième vitesse, l'utilisation des jalons scénaristique des Resident Evil existe tout autant, mais passés à la moulinette d'un mode Histoire hâché, mou du genou et doté d'un nouveau méchant anti-charismatique.
Conçu et imaginé entièrement comme une expérience multi-joueurs Operation Racoon City se parcourt donc dans ce mode avec trois autres camarades (remplacés par l'IA en cas de défection), chacun choisissant un personnage stéréotypé avec ses propres caractéristiques, ses quelques habiletéqs passives et actives (à débloquer) censées apporter un peu de stratégie et de principes d'entraide. Las. Le level design de chaque chapitre est construit de manière soporifique avec ses caches pas toujours reconnues par les persos, ses zombies à l'intelligence plus que jamais défaillante et des militaires adverses qui tirent dans le tas, mais pas forcément le bon. L'idée était bonne, mais jamais le joueur n'a ici l'impression d'être dans la peau d'un salopard assistant à la fin du monde, tout au plus d'un pauvre joueur tentant d'achever une lente exploration à la difficulté gravement abusée (les ennemis sont increvables) et au gameplay rigide et jamais excitant. Plus dur, les environnements pour la plupart déjà connus des amateurs de Resident Evil paraissent très souvent datés, en tout cas moins beaux que dans les récentes moutures. Reste alors la possibilité d'engranger quelques points d'expérience pour débloquer toutes les capacités et armes supplémentaires, et s'essayer à un peu de multi-joueurs en versus. Quelques particularités (un peu de survie ou de l'affrontement entre des héros de la série) et surtout beaucoup de grand classique (du deathmatch donc) dans des maps rappelant des softs sortis il y a dix ans et ne disposant ainsi que d'enjeux terriblement limités. Avec l'aura et le potentiel de Resident Evil dans son ensemble, on était en droit d'attendre beaucoup, beaucoup mieux.










